Vigoureux, Jean-Marie, Antoine
Biographie
Né vers 1787 à Paris. Ancien militaire, tambour maître du 2e bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale en 1814, devenu marbrier. Il fut blessé, le 29 juillet, par un coup de feu à la jambe droite (le 28 juillet d’une balle et d’un coup de mitraille à la partie interne de la jambe selon un certficat médical voir plus bas). Il fut soigné à l’ambulance des rues des Pyramides et de Rivoli depuis le 8 août jusqu’au 5 septembre, selon un certificat délivré par le docteur Sellier, Jean-Pierre, Paul, Marie (voir ce nom). Il lui fut distribué, durant son séjour dans cette ambulance, cinq francs de secours. Marié et père de deux enfants, il reçut un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Deux certificats constataient les blessures qu’il avait reçues. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, pharmacien à Paris, rue Saint-Honoré, au coin de la place Vendôme n° 2, certifie que M. Jean-Marie, Antoine Vigoureux, demeurant rue Saint-André-Popincourt n° 2, au Père Lachaise, maintenant rue Sainte-Avoye n° 36, s’est présenté chez moi le 29 juillet de 4 à 5 heures du soir, pour me prier de lui panser une blessure qu’il venait de recevoir au-dessous du mollet de la jambe droite, au moment où il traversait la place du Palais-Royal, se rendant avec sa compagnie pour attaquer et prendre le Louvre, où même il est resté malgré les douleurs de sa blessure, jusqu’à ce que la victoire a été entièrement décidée. » Signé, le 17 novembre 1830 : Moussu. Suivait l’apostille du docteur Delanglard (voir Delanglard, Marie, Edouard), qui attestait, comme médecin de l’ambulance de la rue des Pyramides, y avoir soigné Vigoureux. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, chirurgien major provisoire de la IIe légion de la garde nationale, d’après les ordres de M. le maire du (ancien) IIe arrondissement de la Ville de Paris, certifie que le nommé Vigoureux, Jean-Marie, Antoine a été atteint d’une balle et d’un coup de mitraille à la partie interne de la jambe droite le 28 juillet dernier. Je pense qu’il ne pourra pas reprendre ses travaux avant trois semaines et que par conséquent il mérite un secours. » Signé, le 26 août 1830 : Boucher-Dugua (voir Boucher-Dugua, Nicolas), médecin. Il reçut (sous le nom de Vigoureux, Germain), après la révolution, un total de cent soixante-neuf francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. On trouve dans son dossier une lettre de dénonciation, en date du 21 novembre 1830, ainsi rédigée : « Monsieur,
»Parmi les braves qui se sont distingués dans les trois journées, il s’est glissé un fripon, qui s’est dit blessé à une jambe. Cela est faux. Il y a quinze mois qu’il a un ulcère variqueux, il faut dire pourri en propres termes. Il a fait passer ce mal pour une blessure. Le médecin qui l’a visité a trompé la sagesse de la Commission car il ne s’est présenté aux actions que lorsque cela a été terminé. Dans l’instant où il fallait se montrer, il a volé dans une maison, barrière du Père-Lachaise et après avoir volé il a mis le feu à la paillasse. Ce voleur se nomme Vigouroux ; il a fait ce vol dans la nuit du 28 au 29. Il demeurait à cette époque, rue Saint-André-Popincourt, maison de M. Guillard, entrepreneur de monuments funèbres et il n’a pas reparu depuis car on a chassé sa femme du quartier. Il demeure maintenant rue Sainte-Avoye n° 36 ou n° 2. Ce fripon faisait partie d’une société de secours mutuel, qui lui a donné des secours pendant neuf mois et après son vol il a été chassé. C’est pourquoi, Monsieur, je vous prie de le rayer de toute sorte de récompense qui pourrait être accordé. J’ai appris à la Commission de la ville que le (ancien) VIIe arrondissement dépendait de vous. Je suis, etc. » Signé : Friand, délégué de la société dont il faisait partie, demeurant 75, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il sollicita une place de concierge dans un des châteaux royaux. Il était le seul soutien de sa mère, âgée de quatre-vingts ans en 1830, et qui « dans la misère » sollicita des secours. En 1848, il sollicita des secours. En 1849, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier marbrier, sans ouvrage, il ne vit que des secous qu’on lui donne. Il est veuf et est noté ainsi qu’il suit aux sommiers judiciaires : Conduit à Sainte-Pélagie, le 7 avril 1848, pour vol et condamné à un mois de prison par jugement du 5 mai suivant. » Il demeurait 2, rue Saint-André-Popincourt au Père Lachaise en juillet 1830 ; 6, rue Sainte-Avoye en août 1830 sur les listes du Constitutionnel, 36, rue Sainte-Avoye sur un certificat (mais 2, rue Sainte-Avoye sur les listes de Boulland) ; 2, rue Geoffroy-Langevin (mais 12, rue Geoffroy-Langevin in Archives nationales F/1dIII/36 et aussi selon l’administration en 1848) chez sa mère, portière, en 1830 ; 68, rue Sainte-Anne en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; 9, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1849. La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 261 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 48 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1. A noter qu’il signe Vigouroux et que nombre de certificats son au nom de Vigouroux ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 14-15 état des blessés non classés et de la 1re classe ; Archives nationales F/15/4240 (sous le nom de Vigouroux, Jean-Marie, Antoine).