Vitrier, Alexis

Biographie


« M. Alexis Vitrier, demeurant place Cadet, n° 25, s’est distingué dans les journées de juillet d’une manière particulière. Il a paru en combattant sur différents points de la capitale. Rue de Richelieu, il a fait battre seul avec un tambour la charge au milieu de la rue, en avant ; il a réuni un certain nombre de citoyens : les balles sifflaient de tous côtés. Rue de Rivoli, il a contribué à la prise de la pièce de canon. Rue Saint-Honoré, une balle lui a cassé son fusil dans les mains, et les éclats lui ont occasionné une blessure grave à l’épaule. Le lendemain 30, il se trouvait chez M. Gérard, portier, rue Saint-Georges, n° 28, plusieurs personnes entraient dans la cour portant des sacs d’argent, il demanda qui ils étaient : il lui répondit que c’étaient les portiers des Tuileries. “Comment ! s’écria ce brave, ce sont les portiers des Tuileries qui enlèvent l’argent ! mais le peuple sera accusé, il ne faut pas, après la conduite si noble qu’il a tenue, qu’une tache semblable soit imprimée sur lui, il faut déclarer cette soustraction ; courez à l’état-major de la place, et moi je ne les perds pas de vue.” L’un sortit chargé d’une hotte excessivement pesante, il se reposa rue Montholon et rue Charles X (Rue Montholon, quand il se reposa, M. Vitrier lui dit : “Eh bien, camarade, vous êtes bien chargé… – Cela ne vous regarde pas”, telle fut la réponse). Le combattant intègre de juillet le suivit jusqu’à la barrière Saint-Denis où il s’arrêta au n° 124. On s’y est transporté de l’état-major, on y a trouvé sept à huit sacs pleins qui, joints à ceux qu’on a repris rue Saint-Georges, ont pu former une somme de 100.000 francs. On assure que ce portier est en place actuellement au même poste qu’il occupait, après avoir déclaré que ces fonds devaient être remis à Charles X. Et l’honnête homme, l’intrépide Alexis Vitrier qui, comme récompense de sa conduite, avait demandé deux numéros de cabriolet, n’a pas même reçu de réponse, et il est plongé dans la plus affreuse détresse. Il eût été si facile de le rendre heureux ! Les Blessés de juillet, à la Nation, au roi et à la Commission, Victorin Lelièvre, avocat, combattant de Juillet, Paris, 1831, chez Petit, éditeur, passage du Caire, n° 89, p. 85-86.

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