Vivien, Alexandre, François

Biographie


Avocat. « Parmi les combattants, de toutes les conditions se trouvait une foule d’avocats, les uns armés de fusils, les autres de sabres ou de pistolets, et leur présence attestait assez qu’en France, tout citoyen est soldat, quand il s’agit de défendre les libertés publiques. Je voudrais pourvoir nommer ici tous ceux qu’on a rencontrés dans les rassemblements, et qui, par leur courage, par leur activité, par l’énergie de leurs exhortations ont puissamment concouru, soit à remporter la victoire, soit à empêcher qu’elle fût souillée d’aucun excès. Ma mémoire ne saurait y suffire ; mais dès présent je puis citer les noms de […] M. Vivien. » Il fut d’abord nommé procureur général à la cour royale d’Amiens. En novembre 1831, il était préfet de police à Paris, et déposa plainte pour diffamation contre les journaux le National et la Tribune, qui les avaient accusés d’avoir embrigadé des ouvriers pour assommer les manifestants, le 14 juillet 1831. L’article du National était ainsi rédigé, en date du 15 juillet 1831 : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Vivien tenta de se défendre : « Plusieurs fois les chefs d’atelier m’avaient témoigné toute la part qu’ils prenaient au déplaisir que l’autorité devait ressentir par suite des désordres de certains jeunes gens ; ils m’ont offert leur coopération ; cette fois encore, comme je l’avais toujours fait, j’ai refusé cette intervention. » Mais, sans doute devant le nombre de dépositions de témoins qui appuyaient la réalité des embrigadements, Vivien abandonna sa plainte au cours de l’audience. Les deux gérants des journaux furent acquittés. La Gazette des tribunaux, 26, 27, 28, 29, 30, 31 juillet et 1er août 1830 ; Tableau dramatique de la justice au XIXe siècle, tome Ier, chez Surcy et Camus, Paris, 1847, p. 236 ; Bulletin des lois IXe série, tome premier, 2e partie, n° 1, ordonnance n° 4, mars 1831, p. 5 ; Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831.

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