Voruz, Jean, Simon

Biographie


Né le 7 juin 1810 à Nantes, fils de Voruz, Jean, Samuel et de Collet, Jeanne, Magdeleine, son épouse. Frère de Voruz, Pierre, Samuel, qui fut tué dans les combats. Fondeur en cuivre. Il assistait aux combats de la place Louis-XVI à Nantes contre le 10e léger, « où il a déployé un grand courage » selon la Commission des récompenses nationales, avant d’être blessé au pied droit par un coup de feu ; sa marche fut rendue très difficile et douloureuse et son travail pénible. On trouve dans le récit que fit Bosset, Charles, Auguste de sa participation aux journées de Juillet, une allusion à la présence de Voruz dans les combats, mais sans pouvoir discerner duquel des deux Voruz il s’agissait, : « […] Que lors des derniers événements provoqués par les déplorables ordonnances, n’écoutant que son patriotisme il arriva le premier armé à la bourse de Nantes et mit tout en œuvre pour exciter ses concitoyens à la défense commune ; que, le lendemain des premiers engagements, il entreprit de délivrer ceux de ses compagnons d’armes qui avaient été arrêtés et conduits au château ; à cet effet il se détacha de la réunion qui était en présence des troupes et se rendit avec M. Vic (voir Kitchen-Vic, Félix) au quartier général de la division ou, étant arrivé, il trouva les autorités civiles et militaires et réclama les prisonniers. Que M. le lieutenant-général Despinois, surpris de tant d’audace, le menaça d’abord de le faire arrêter, et que renouvelant d’un ton ferme sa réclamation et déclarant que ses camarades en armes attendaient sa réponse, il décida M. le lieutenant général à lui délivrer l’autorisation nécessaire pour la mise en liberté de tous ses camarades. Qu’en sortant de l’hôtel de l’état-major il essuya le feu de peloton et vit tomber à ses côtés plusieurs de ses amis et que pendant qu’ils relevaient l’un d’eux, M. Voruz (voir ce nom), son chapeau fut percé d’une balle et ses habits furent atteints de deux autres. » Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il fut proposé pour une pension de six cents francs par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il fut un des très nombreux (deux pages de nom, voir la liste à Catheaugrue, Frédéric, Julien) qui, en mai 1832, apostillèrent la lettre que Catheaugrue fit parvenir à son député, afin d’obtenir, en raison des blessures qu’il avait reçues, une pension du gouvernement : « Lorsque le peuple parisien détruisait en quelques heures une insupportable tyrannie, de généreux citoyens, s’associant à ces périls, luttaient au même instant contre un pouvoir exécré qui ne fut trop longtemps que l’opprobre de notre belle patrie. Partout en France comme à l’étranger, des souscriptions furent ouvertes pour venir au secours des hommes que leurs blessures mettaient hors d’état de pourvoir aux besoins de leurs familles, et des veuves de ceux qui étaient restés sur le champ de bataille. Le roi, que nos vœux appelaient au trône et que nos bras y avaient placé, créa pour nous une décoration spéciale et mit à la disposition de ses ministres un fonds destiné aux pensions qui furent accordées depuis. De tous les blessés de Nantes, je suis, par une étrange fatalité, resté seul dans l’oubli pour la pension annuelle. Ce qui m’a convaincu de la chose c’est que j’ai vu mes frères d’armes du 30 juillet toucher tout récemment leur trimestre, et, sans vanité, Monsieur, je peux me compter au nombre de ces braves défenseurs de nos libertés. Retenu longtemps par mes graves blessures et qui se sont rouvertes le 24 septembre dernier, je fus, pendant ce temps, obligé de confier à des ouvriers la direction de mon établissement, qui a depuis beaucoup perdu de sa valeur : aussi je me demande pourquoi je n’ai pas eu part à la munificence du gouvernement. Est-ce pour avoir distribué des armes à plusieurs de mes concitoyens et qui ont combattu avec moi ? je ne le pense pas. Mon dévouement a été trop louable. Cependant, par mes blessures, je me vois sur le point de réduire ma famille à la plus affreuse misère, à laquelle j’ai, pour ma patrie, volontairement contribué. Je vous prie donc, Monsieur, de prendre en considération l’exposé sincère de ces faits. C’est avec toute la franchise d’un bon patriote que j’ai l’honneur de vous adresser ma demande. J’ai l’honneur, etc. » Il fut un des signataires, avec Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Hudôme jeune (voir Hudome, Jean) Santerre (voir ce nom), Ageron (voir Ageron, Joseph), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Tournade (voir Tournade, Laurent), Mazier (voir Mazier, Emile), Mabon (voir ce nom), Taupier (voir Taupier, Emile) et Petit-Jean (voir Petit-Jean, Alexandre, Louis, Marie) de la lettre suivante adressée au roi en faveur de Rocher, Michel (voir ce nom) et ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mît sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté à bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements sur un de nos concitoyens, Michel Rocher, négociant à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarche auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, M. le ministre, d’accorder à notre concitoyen, Michel Rocher, la décoration de Juillet à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, M. le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il était célibataire en 1830. Il demeurait avenue de Launay à Nantes en 1830. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831.

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