Weire ou Weir, Philippe
Biographie
Commissionnaire interprète à la Bourse du commerce. Blessé d’un coup de feu à la poitrine, le 28 juillet dans la rue Montmartre près du passage du Saumon, il mourut des suites de sa blessure. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Le 7 janvier 1831, devant le juge de paix (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Polliart, Louis, Gabriel, Armand, tourneur en bois, demeurant 5, rue Pagevin ; Chalbos, Pierre, chaudronnier, demeurant 9, rue Pagevin ; Pardon, Thomas, marchand de vin, demeurant 14, rue Pagevin ; Ducrocq, Egot, Michel, Alexandre, marchand linger, demeurant 1, rue du Petit-Reposoir. Ils attestèrent savoir que Weir, Philippe avait « été tué le mercredi 28 juillet dernier, rue Montmartre près le passage Saumon ; qu’ils l’ont vu tout quatre mort et percé d’une balle dans la poitrine ». Il laissait une veuve (mais qui apparaît comme une concubine dans les renseignements transmis par la préfecture de police), Schmit, Elisabeth, née le 15 octobre 1767 à Philadelphie (Etats-Unis), qu’il avait épousée à la Nouvelle-Angleterre vers 1795. Le 1er juin 1831, devant le juge de paix (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Mutze, Frédéric, marchand de friture, demeurant 14, rue Pagevin ; Pardon, Thomas, marchand de vin, demeurant 14, rue Pagevin ; Drouin, Julien, Auguste, coiffeur, demeurant 5, rue Pagevin. Ils attestèrent parfaitement connaître Schmit, Elisabeth et que « depuis trente-cinq ans environ cette dame jouit de la possession d’état d’épouse de Philippe Weir, décédé dans les journées de Juillet, que leur mariage a eu lieu à la Nouvelle-Angleterre (Etats-Unis d’Amérique) et qu’il est impossible à la veuve Weir d’en rapporter la justification ». Elle reçut (sous le nom de veuve Weiwer) un secours de soixante-quinze francs en août et un autre (sous le nom de Weir) de cent vingt-cinq francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt-cinq francs, le 19 août 1830, un secours de cent vingt-cinq francs le 1er décembre 1830, un secours de quatre-vingt-cinq francs le 3 janvier 1831, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 1er avril 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le préfet de police transmit sur son compte les renseignements suivants : « La demoiselle Schmit occupe depuis fort longtemps déjà un petit logement, rue Pagevin, n° 14, pour le prix annuel de quatre-vingt-cinq francs. Les renseignements recueillis sont généralement favorables à sa conduite et à sa moralité. On assure que ses intimités avec Veire (sic) dataient de non moins de vingt-huit ans. Ce dernier remplissait depuis de longues années l’emploi de commissionnaire à la Bourse et les ressources que lui assurait son travail avaient constamment suffi aux besoins de sa compagne comme aux siens. La demoiselle Schmit, aujourd’hui d’un âge avancé, atteinte de quelques infirmités qui habituellement l’accompagnent ; sans industrie fixe, est réduite à gagner cinquante centimes par jour à éplucher des pommes de terre, fort heureusement pour elle, elle n’a ni enfant ni autre charge qu’elle-même. Cette femme inspire de l’intérêt à tous ses voisins, qui assurent que par sa bonne conduite, sa misère, son âge, elle mériterait un sort meilleur. » Elle fut pensionnée. Il lui fut accordé, sous le nom de veuve Weir, née Schmit, Elisabeth, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Weire demeurait 14, rue Pagevin, un loyer annuel de quatre-vingt-cinq francs ; sa veuve, à la même adresse en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 47 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 (sous le nom de Weiwer veuve) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, veuves des citoyens tués dans les journées de Juillet (seize veuves) ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves ; Archives nationales F 9 1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après.