Winanse, Pierre, Henry
Biographie
Né vers 1800 à Bruxelles (Belgique), fils d’un capitaine au 7e régiment de chasseurs à cheval, dont on n’avait plus de nouvelle depuis l’an VII. En 1830, sapeur-pompier à la caserne du 4 bis, rue de la Paix. Le 8 avril 1831, il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Wynanse, Pierre, Henry (sic), sapeur-pompier à la 2e compagnie des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris, demeurant rue de la Paix n° 4 à Paris, a l’honneur de vous exposer très humblement que s’étant joint d’un mouvement spontané et volontaire aux braves défenseurs des libertés publiques et de la charte dans les glorieuses et immortelles journées de la grande semaine, sous les ordres de M. R. Leymarie (voir Leymarie, Jean, Léonard, Repaire), élève de l’Ecole polytechnique, ainsi qu’il s’est plu à l’attester par le certificat ci-joint, et qu’il a en outre dans ces circonstances donné maintes autres preuves de son dévouement à la patrie tel qu’il est également attesté par les deux certificats ci-annexés, qu’il a adressé à l’honorable et illustre général Lafayette le 30 octobre dernier une pétition appuyée de copies desdits certificats tendant à solliciter la médaille décernée aux braves défenseurs de la charte, qui a daigné lui faire répondre le 4 novembre suivant qu’il avait ordonné le renvoi de sa pétition à votre Commission ; mais comme elle s’est trouvée égarée ainsi que les pièces à l’appui dans les bureaux de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, il ose en conséquence vous renouveler, messieurs, son humble demande et vous supplier d’avoir la bonté d’y faire droit eu égard au malheur qu’il a eu de ne jamais connaître son père capitaine au 7e régiment de chasseurs à cheval, dont on n’a eu aucune nouvelle depuis l’an VII. Sa reconnaissance etc. » Le 4 juin 1831, à une autre demande qu’il fit, il lui fut répondu par la division des gardes nationales et affaires militaires du ministère de l’Intérieur que la demande qu’il avait adressée pour faire valoir ses droits comme combattant de Juillet n’était pas recevable et que toute décision dépendait de la seule Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Winanse, Pierre, Henry, pompier à la 2e compagnie faisait partie des volontaires qui, de la Bourse, sont venus sous mes ordres à la place de l’Hôtel de ville pour le service des pièces de canon et que je n’ai eu qu’à me louer de son exactitude et de son zèle pour la surveillance des poudres, caissons etc. confiés à nos soins. » Signé, le 26 octobre 1830 : Leymarie, R. (voir Leymarie, Jean, Léonard, Repaire), élève de l’Ecole polytechnique. Suivaient les apostilles de Louvet, propriétaire, demeurant 2, rue Saint-Jean au Gros Caillou, qui certifiait que Winant demeurait dans sa maison « depuis plusieurs années et qu’il s’est toujours bien comporté » ; Buch (ou Boch selon le certificat signé par le même en faveur de Ribet, Nicolas), propriétaire, demeurant 23, rue de l’Université, qui certifiait que Winanse était « de bonne vie et mœurs » ; Leroy ; Cadat et d’autres signatures illisibles. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ex-commissaire de la force armée à Chaillot, certifie que nommé Pierre, Henry Vinant (sic) s’est joint à moi le 29 juillet au soir et qu’il m’a secondé de tous ses moyens. Les mesures d’ordre et de sûreté que j’ai dû devoir prendre pour partie du manuscrit brûlée pour la garde d’un magasin d’équi partie du manuscrit brûlée de la garde situé au bout de partie du manuscrit brûlée. » Signé, le 3 juin 1831 : Destains (voir Destains, Victor, Achille, Justinien), demeurant rue Basse-du-Rempart. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le partie du manuscrit brûlée pompier de la 2e compagnie caserne partie du manuscrit brûlée le 28 juillet pour la défense de l’Hôtel partie du manuscrit brûlée, l’avoir vu le 29 juillet de grand matin venir partie du manuscrit brûlée habite le Gros-Caillou qui était au désespoir partie du manuscrit brûlée voir revenir et que malgré les vives partie du manuscrit brûlée qu’il était père de quatre enfants il est reparti de nouveau combattre par partie du manuscrit brûlée et rejoindre ses compagnons d’armes à la prise du Louvre ; revenu ensuite à l’hôtel des partie du manuscrit brûlée des premiers qui aient fait distribuer des armes partie du manuscrit brûlée avaient pas. Il est en outre à ma connaissance et à celle des voisins que son plus jeune enfant qui à partie du manuscrit brûlée la mamelle est mort des suites de la révolution a éprouvé en connaissant tous les dangers que partie du manuscrit brûlée. Le sieur Winanse est un des plus zélés défenseurs des libertés qui aient combattu dans les mémorables journées de juillet. Il partit pour Rambouillet partie du manuscrit brûlée. Il mérite à tous égards l’estime et la considération des gens de bien. C’est le second certificat que je lui donne et il est bien à regretter qu’il ait été égaré par la Commission des récompenses nationales quoiqu’il n’est pas à douter qu’il n’ait obtenu partie du manuscrit brûlée de Juillet, qu’il a si dignement méritée. » Signé, le 31 mai 1831 : Leroy. Le quatrième certificat, cette lettre ainsi rédigée : Déclaration par le citoyen Véron aîné en faveur du brave patriote Winanze, sapeur-pompier et ainsi rédigée : « Le 30 juillet 1830, je me présentai vêtu de l’uniforme de simple garde national au corps de garde de la rue Boucherie-des-Invalides, où je trouvai vingt vingt-cinq jeunes gens armés, qui avaient pris part aux affaires des trois glorieuses journées précédentes. Comme j’étais le seul en habit d’uniforme à ce poste, ils m’invitèrent à en être le chef pour régler le service des factions, pour faire faire des patrouilles et pour marcher à leur tête si ce devoir était commandé par quelque circonstance imprévue. J’acceptai avec empressement l’honorable fonction qui m’était offerte et l’un de ces zélés patriotes, nommé Germain, garnit ma giberne de cartouches. Le lendemain, au moment où nous allions être relevés par des gardes nationaux, dont deux ou trois seulement portaient l’uniforme, un sapeur-pompier, nommé Winanze, amena au poste deux soldats de l’ex-garde royale, en demandant une escorte pour les conduire au camp de Vaugirard. Les hommes qui étaient avec moi ne paraissant pas disposés à faire cette corvée, je proposai au sapeur-pompier de l’accompagner moi seul, ce qui parut le satisfaire. M. Têtu (voir Tetu, Jean, François, Joseph ?), qui aujourd’hui est capitaine des grenadiers du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale parisienne, se trouvant près de nous en ce moment nous recommanda de lui apporter un reçu des chefs du camp de Vaugirard, pour les deux soldats que nous allions y conduire. En revenant du camp, j’adressai à mon compagnon le sapeur-pompier, plusieurs questions sur la part qu’il avait prise aux affaires qui venaient d’illustrer pour toujours les patriotes parisiens. Il me parla longtemps des faits d’armes qui avaient eu lieu sur plusieurs points, notamment sur la place de l’Hôtel de ville, où il était présent. Il me raconta aussi comment, à la tête d’un bon nombre de patriotes, il s’était introduit dans l’Hôtel des Invalides et s’était fait remettre des fusils qu’il distribua à ceux de ses compagnons qui en manquaient. Notre entretien sur ce sujet se termina devant ma demeure, où je fis entrer pour lui offrir un verre de vin ; après quoi, il me quitta pour porter à M. Têtu le reçu qu’on nous avait donné au camp de Vaugirard. Neuf mois environ après cet événement, c’est-à-dire il y a quelques jours, je rencontrai ce brave sapeur-pompier et lui demandai, en lui serrant la main, pourquoi il ne portait pas le ruban de la décoration de Juillet. Que voulez-vous, me dit-il, partie du manuscrit brûlée, de malheur. J’avais obtenu d’un témoin, d’un élève de l’Ecole polytechnique, un certificat qui attestait ma présence à l’Hôtel de ville ; j’ai mis ce certificat dans une pétition que j’ai adressée au général Lafayette et j’ai appris depuis que mon certificat avait été perdu. J’en obtins un nouveau du même jeune homme ; j’en fis le dépôt avec d’autres pièces à la Commission spéciale des récompenses et par contrecoup mes titres, mes papiers y ont été égarés ou perdus ; car on n’a pu les retrouver quand j’y suis allé tout récemment pour les réclamer. Je n’ai plus le temps maintenant de me procurer un troisième certificat de l’élève de l’Ecole polytechnique, attendu qu’il est parti de Paris pour aller remplir dans un département éloigné les fonctions d’un grade qui lui a été conféré. Ainsi, me voilà réduit à n’avoir aucune part aux honneurs qui sont décernés aux braves Parisiens qui ont fait triompher la cause des lois et de la liberté. J’ai pourtant hardiment exposé ma vie pour ce glorieux résultat, quoique je fusse alors avec ma femme le soutien de quatre enfants en bas âge. L’un d’eux qui était à la mamelle est mort depuis. La frayeur que ressentit ma femme sur les dangers que je courais porta atteinte à la qualité de son lait, qui devint un poison pour notre cher enfant. Ainsi parla le sieur Winanze et un long soupir suivit ce récit. Je l’engageai à ne pas se décourager ; je lui dis que tôt ou tard justice lui serait rendue et je lui offris de lui faire un certificat pour celle de ses actions patriotiques qui était ma connaissance. C’est à cette fin que j’ai relaté avec exactitude tout ce qu’on vient de lire et je déclare devant Dieu et devant les hommes que je suis intimement convaincu que le nommé Winanze, sapeur-pompier à la 2e compagnie de la rue de la Paix à Paris, a mérité l’honorable décoration de l’ordre de Juillet. » Signé, le 31 mai 1831 : Véron aîné, grenadier du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale de Paris, demeurant 59, rue Saint-Dominique au Gros Caillou. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, invalides et partie du manuscrit brûlée occupant l’hôtel des Invalides, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que le sieur Winants, Pierre, Henry (sic), sapeur à la 2e compagnie du corps des sapeurs-pompiers, a fait dans les journées mémorables de juillet partie du manuscrit brûlée faire la délivrance en cet hôtel entre les mains partie du manuscrit brûlée dévoués à la cause de la liberté et pour combattre pour elle d’environ deux cents fusils et que ce partie du manuscrit brûlée a vraiment mené dans cette circonstance une partie du manuscrit brûlée digne de récompense d’autant plus qu’il est père de quatre enfant dont un est mort lors des troubles. » Signé (pour les noms lisibles) : Alliez ; Catraud ; Menetrier illisible ; Cronnier ; Cronnier fils ; Lalouette, Louis. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, boulanger et charcutier, demeurant rue de Bourgogne, certifions que le sieur Winault, Pierre, Henry (sic), sapeur à la 2e compagnie, qui commandait un détachement de quarante hommes dans les journées mémorables de Juillet, partie du manuscrit brûlée de nos mains une subsistance pour environ quatre cents personnes et cela une fois distribué. » Signé, le 22 novembre 1830 : Michot, boulanger, demeurant rue de Bourgogne ; Boulaner illisible, charcutier, demeurant 23, rue de Bourgogne. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, ayant le 3 août dernier suivi le général Pajol marchant sur Rambouillet, certifions que le sieur Winaut, Pierre, Henry, sapeur à la 2e compagnie des sapeurs-pompiers, a aussi marché pour le même endroit à la tête des pièces d’artillerie ; qu’il faisait partie du camp et qu’il a, une grande partie de la nuit, tenu la garde de la masse de poudre qui était contenue dans un fiacre qui gênait sur la route. » Signé le 22 novembre 1830 (pour les noms lisibles) : Marchand ; Michaux ; Soulon ; ...aranze. Il demeurait 31, rue de l’Université en 1831. Archives de la préfecture de police AA 417 (parfois sous le nom de Winanse, Pierre, Henry ou de Winanze, Pierre, Henry).