Yves, Georges
Biographie
Né le 16 avril 1800 à Montluçon (Allier). Coiffeur. Il était signataire, le 22 septembre 1830, avec Duteil, Antoine (voir ce nom), demeurant 24, rue Tirechappe, Chaudier, Louis (voir ce nom), demeurant 1, rue Mercière, Charton, Jules (voir ce nom), demeurant 1, rue Mercière, Rousseau, François, demeurant 7, rue Saint-Joseph, Cabanne, Henry (voir ce nom), demeurant 10, rue de la Cossonnerie, Ceheux illisible, demeurant 7, illisible, d’une demande afin d’obtenir la médaille de Juillet, en récompense d’avoir « pendant les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, […] couru à la défense de la patrie et assuré le triomphe de la liberté. […] Par plusieurs faits d’armes remarquables et détaillés dans la déclaration ci-jointe, attestée par d’honorables signatures, ils ont prouvé leur bravoure, leur intrépidité et leur attachement inviolable à la cause sacrée qui vient de placer les Français sous l’égide de Louis-Philippe Ier, le meilleur des rois ». Leur déclaration était ainsi rédigée : « Les soussignés déclarent que le mardi ils ont attaqué le poste de la halle à 11 heures et presque sans armes, qu’ils se sont battus près d’une heure ; que le mercredi ils ont forcé les gendarmes à fuir, que le même jour, ils étaient trente-cinq à 1 heure du soir contre trois cents gardes royaux, Suisses et 15e de ligne, qu’ils se sont battus deux heures et demie et ont forcé à fuir ces soldats ; qu’ils se sont rendus au Palais-Royal le jeudi et se sont constamment battus ; qu’ils ont fait les barricades des rues de Vannes (pas sûr c’est illisible), rue des Deux-Ecus, rue des Prouvaires, le jeudi à 4 heures du matin, les outils ont été donnés par M. Gibert, quincaillier, rue du Four (mais lui-même signe comme demeurant 11, rue des Deux-Ecus), M. Cheux (illisible Ceheux ?) leur a donné de la poudre. » Cette déclaration était apostillée par Lambrun, marchand de vins, demeurant 8, rue de Vannes ; Huard, marchand d’eau-de-vie, demeurant 4, rue de Vannes ou de Varmes ; Gibert, marchand quincaillier, demeurant 11, rue des Deux-Ecus ; Husson, marchand de vins, demeurant rue des… ; Legris, marchand boucher, « présent près de l’église Saint-Eustache » ; Natter, limonadier, demeurant 9, rue des Deux-Ecus. Un deuxième certificat était ainsi rédigé par Lothon, André, Charles, élève de l’Ecole polytechnique : « Je certifie que les nommés Chaudier, Louis (voir ce nom), Rousseau, François (voir ce nom) et Yves, Georges (voir ce nom) étaient avec moi à l’attaque du Palais-Royal et qu’ils sont dignes de la gratification. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, deux cents francs de secours de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous les prénoms de François, Georges). Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il apostilla le récit que fit Perrody, Louis de sa propre conduite pendant les combats de Juillet. Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 9 août 1831 En 1831, il était employé au ministère de l’Intérieur. En 1833, voltigeur au 1er bataillon de la IVe légion de la garde nationale, il sollicita, auprès du commandant de la garde nationale, un pantalon d’hiver et un habit de garde national. Habillé à ses frais dès le 29 juillet, il avait, depuis, son habit usé par le service et ne pouvait faire face à son renouvellement. Il rappelait sa conduite dans les différents troubles qui avaient agité la capitale : le 15 février 1831, à l’occasion des troubles du sac de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, il avait empêché qu’on jetât un prêtre dans la Seine et, avec le secours des grenadiers de la IXe légion de la garde nationale, avait conduit l’ecclésiastique à la préfecture de police. En juin 1832, au moment de l’émeute républicaine des 5 et 6 juin, il avait été désarmé avec un autre voltigeur, au moment où ils se rendaient à leur poste. Une somme de cent francs lui fut accordée. En 1834, il réclamait un secours, expliquant : « Le sollicitant a perdu son établissement depuis la révolution de Juillet ; des maladies ont enlevé ses enfants et l’ont lui-même empêché pendant longtemps de se livrer à aucune occupation, en sorte qu’il se trouve aujourd’hui dans une très fâcheuse position. Depuis les journées de juillet 1830, il fait son service dans la garde nationale, il s’est toujours exposé un des premiers lorsque des troubles ont eu lieu dans la capitale, et en 1831 et au 13 avril 1834. A l’affaire de Saint-Germain-l’Auxerrois, il fut assez heureux pour arracher un prêtre à une mort certaine (tous ces faits sont connus au ministère de l’Intérieur. » Le commissaire de police du quartier de la Banque de France apostilla sa demande en précisant qu’il le connaissait « depuis plusieurs années sous les meilleurs rapports » et ajoutant : « Il a éprouvé une suite de malheurs qui l’ont réduit à une situation fâcheuse. Le sieur Yves est digne par ses bons sentiments, sa bonne conduite et sa position de l’intérêt de l’autorité. » Le préfet de la Seine donna, en août 1834, les renseignements suivants : « Cet homme n’est pas heureux. Il est allé dans son pays pour y réaliser quelques faibles ressources provenant de la succession de ses parents et sa femme est restée seule sans aucunes ressources et sans travail dans le logement qu’ils occupent. M. le maire ajoute qu’il ne s’est jamais élevé aucune plainte contre le sieur Yves. » Le préfet de police donnait lui aussi, en octobre 1834, comme renseignement qu’une partie du mobilier d’Yves avait été retenue en nantissement du paiement de son loyer et ajoutait que la conduite d’Yves était « régulière ». Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1834. Il demeurait 22, rue des Deux-Ecus en 1830 ; 23, rue du Four-Saint-Honoré en 1830-1831 ; 94, rue Saint-Honoré en 1833-1834. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Perrody, Louis ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Cabanne, Henri, idem in dossier Chaudier, Louis ; Archives de Paris VD6 278 couverture du dossier de Salomon, Pierre, Benjamin ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/3649-3650 ; Archives de la préfecture de police AA 377 in dossier Chaudier, Louis.