Yves, Hyacinthe

Biographie


Né le 16 mai 1806 à Montluçon (Allier). Garçon limonadier au café National. Il était à Paris depuis deux mois, en juillet 1830. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie de l’ancien IVe arrondissement : « Yves fut assailli par des gendarmes le 27 au soir et fut obligé, n’étant point armé, de se soustraire à une attaque à laquelle il ne pouvait exposer aucune défense ; le 28, armé d’un fusil et de deux pistolets, se rendit à l’Hôtel de ville, où il se battit depuis 11 heures du matin jusqu’à 1 heure de l’après-midi ; se porta ensuite à la halle à la boucherie et rue Saint-Honoré ; le 29, se battit au Louvre et au Palais-Royal [incompréhensible], après s’être avancé un des premiers, il fut forcé d’occuper la guérite près de la porte d’entrée sur la place pour se parer des balles et mieux se défendre. Il fut ensuite se placer au coin du café de la Régence, d’où il débusqua des Suisses tirant des croisées de la rue Saint-Honoré près la Civette ; il parcourut la rue de Rohan et se porta aux Tuileries, où il combattit jusqu’à la prise du château ; pendant le cours de ces trois journées Yves a transporté des blessés et des mourants rue Pierre-Lescot, n° 18, dans un estaminet où de généreux secours leur étaient prodigués. » Il fut fortement contusionné au cou par « un éclat de la guérite dans laquelle [il] s’était placé et qui était plus particulièrement en but au feu des Suisses et de la garde royale ». Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « Ces faits sont attestés par un certificat signé le 19 août 1830 par six personnes connues et établies. » Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] Résidant à Paris depuis deux mois seulement, […] le 27 juillet est sorti du Palais-Royal, où il est employé au café National. Il se disposait chez lui, rue de la Bibliothèque, hôtel d’Enghien, n° 10, quand il fut assailli par les gendarmes, sabrant indistinctement tout ce qui se trouvait devant eux. Il fut obligé de fuir. Le 28, armé d’un fusil et de deux pistolets, il fut se battre à l’Hôtel de ville parmi les gardes nationaux, depuis 11 heures du matin jusqu’à 1 heure de l’après-midi. Il se porta ensuite à la halle de la boucherie et rue Saint-Honoré, d’où il ne put regagner, contraint par la fatigue, son domicile qui sous le feu imminent des Suisses placés aux croisées du Louvre donnait en aplomb sur la rue de Bibliothèque. Le 29, l’exposant se battit au Louvre, au Palais-Royal, où par la feinte reddition de la garde royale, après s’être avancé un des premiers, il fut forcé d’occuper la guérite de la place près la grille, pour se parer des balles et mieux se défendre. Un éclat de cette guérite, plus particulièrement en butte au feu nourri des Suisses et de la garde, l’atteignit sans autre accident qu’une forte contusion au cou. Il fut après se placer au coin du café de la Régence, d’où il débusqua des Suisses tirant des croisées de la rue Saint-Honoré près la Civette. Il parcourut la rue de Rohan et se porta aux Tuileries jusqu’au moment seulement de la prise. L’exposant a perdu près de lui quelques personnes de connaissance. Il a pu, pendant quelques instants, transporter des blessés et des mourants dans un établissement de la rue Pierre-Lescot n° 18, où de généreux secours leur étaient prodigués par les gens de la maison et surtout par un médecin qui lui est inconnu et qui voulait le retenir près de lui, comme élève en médecine, l’ayant vu panser deux blessés avec assez de bonheur. L’exposant ne peut non plus oublier la maison du marchand de vins, rue Saint-Honoré n° 215, à cause de l’empressement que le maître a mis à le recevoir et à lui fournir, ainsi qu’aux autres tirailleurs des rafraîchissements nécessaires et surtout quelques armes et des munitions. » Sa lettre était apostillée par : Vigneaux, marchand de vins, ; onoré (dans le certificat signé par le même en faveur de Fritsch, Laurent, l’orthographe du nom est Vigneux, même profession, même demeure ; dans le certificat signé par le même en faveur de Degraine, Louis, Alexandre, l’orthographe du nom est Vigneaux, même demeure) ; Jolivet, limonadier, demeurant 18, rue Pierre-Lescot, qui certifia qu’Yves « avait pansé plusieurs blessés chez moi » ; Mathieu, Jean-Baptiste (voir ce nom), demeurant 10, rue de la Bibliothèque ; Leroux, maître d’hôtel, demeurant 10, rue d’Enghien ; Leblanc, propriétaire, demeurant 27 ou 37, rue Saint-Honoré. Ces faits furent repris dans le rapport que Rousse, notaire, fit auprès de la Commission des récompenses nationales pour signaler les faits déroulés dans le (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé ainsi par un membre de la Commission des récompenses nationales : « On s’accorde à dire qu’il a pris les armes mais plus particulièrement à faire l’éloge du zèle qu’il a mis à transporter les blessés. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il signa un certificat en faveur de Tiremarche, Hippolyte, Xavier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de la Ville de Paris, certifions que le sieur Tiremarche (Hippolyte, Xavier), a figuré le 27 juillet au nombre des braves qui ont combattu les troupes de la garde sur la place de Grève et qu’il y était armé d’un fusil double, dont il a fait usage ; que le 28 juillet, il s’est trouvé au nombre de ceux qui ont tiraillé derrière le Louvre ; que le 29 du même mois, se trouvant au milieu des braves combattant qui se plaignaient de n’avoir point de poudre pour charger leurs armes et voyant la pénurie où l’on se trouvait ledit sieur Tiremarche leur en promit et de suite il se transporta chez M. Lougniard, marchand quincaillier, rue Saint-Honoré, n° 176, qui lui en délivra trente livres, dont il fit la distribution aux personnes qui en manquaient ; que ce jour il a recueilli des matières de plomb et d’étain que diverses personnes lui ont données, qu’il les a converties en balles, au nombre de trois cents, qu’il a également distribuées ; qu’il a, par ce moyen, contribué au succès obtenus dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, soit en combattant soit en procurant des munitions dont on était privé ; que le 1er août, il a été un des premiers à se mettre sous les ordres des généraux Pajol et Cobert pour se diriger sur Rambouillet, où il est arrivé à trois lieues de cet endroit et où, après avoir bivouaqué la nuit, et le lendemain a été de l’avant-garde à Rambouillet, d’où il est reparti accompagnant les voitures que l’ex-roi avait [abandonnées]. » Etant retourné vivre à Montluçon, sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 9 août 1831, par procuration d’Yves, demeurant 22, rue des Deux-Ecus. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 10, rue de la Bibliothèque, hôtel d’Enghien, en juillet 1830 ; à Montluçon, où il était artilleur dans la garde nationale, en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278, idem in dossier Tiremarche, Hippolyte, Xavier ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.

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