Zerman
Biographie
Capitaine de marine, fils du colonel Zerman, mort à Moscou au service de la France. Plusieurs gardes nationaux de la VIIIe légion firent parvenir, le 28 novembre 1830, la lettre suivante au roi, concernant les mauvais procédés dont il avait fait l’objet : « Sire,
»Nous ne pouvons permettre qu’on laisse plus longtemps dans l’oubli un brave de 1830.
»M. Zerman, capitaine de marine, rue Saint-Antoine, 163, a été l’un des premiers à se mettre à la tête du peuple dans les mémorables journées de juillet dernier et c’est lui qui l’a dirigé la caserne des Célestins, qui l’a enlevée de vive force, en prenant trente-quatre chevaux et partie des équipements militaires. Ce capitaine, en allant rendre compte de cette affaire à la mairie de la place Royale, a reçu un coup de sabre sur la tête. Le lendemain, sa blessure encore ouverte, il est sorti, toujours animé du même zèle que tous les braves qui le suivaient, et a rendu de nouveau service au triomphe de la liberté. Il fut le premier ayant l’ordre du général Lafayette et du comte Gerard, signé du duc d’Orléans, alors lieutenant-général du royaume, qui se mit en avant pour obtenir la capitulation du château de Vincennes.
»Dimanche 31 octobre, ce même capitaine [a revêtu] le simple uniforme de grenadier pour remplacer son frère dans la VIIIe légion, sous le numéro 148. Il désirait profiter de cette occasion pour demander une audience particulière à Votre Majesté, ce qu’il sollicite depuis longtemps.
»Nous arrivâmes au Champ-de-Mars pour passer la revue. M. Bichet, capitaine de cette même légion a reconnu le sieur Zerman et lui a dit de sortir des rangs, qu’il ne pouvait remplacer personne. Cette apostrophe a été d’autant plus possible au sieur Zerman, ainsi qu’à la compagnie, qu’elle n’était accompagnée d’aucun procédé honnête. Ce trait fait connaître le caractère léger et inconsidéré de M. Bichet, contre l’avis commun de toute la compagnie.
»M. Zerman est le fils du colonel Zerman, mort à Moscou au service de la France.
»Nous prions Votre Majesté de daigner rendre honneur aux braves et mépriser les intrigants, et notre reconnaissance égalera la parfaite reconnaissance avec laquelle nous avons l’honneur etc. » Signé Lage, lieutenant Gambière, Bimet, Blairet, sergent Pauly, Cassé, Bordon, Canard, Tourraine, Bourlaget, Sistel, Missé, gardes nationaux, Pigeau, Trembleais, Beaucé (voir Beaucé, Pierre), capitaine de grenadiers demeurant 110, rue Saint-Antoine. Il demeurait 163, rue Saint-Antoine en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 7 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales.