Basset, Joseph, Pierre, Jacques
Biographie
Né le 11 septembre 1810 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), fils de Basset, Jean-Baptiste, Joseph, Sébastien, lui-même né le 10 janvier 1786 à Ria dans les Pyrénées-Orientales (lui-même fils de Basset, Jacques, cordier, décédé le 2 ventôse an III, et de Nicolau, Marianne), cordonnier, et de Doc, Josèphe, Elisabeth, Anne, née le 16 juin 1790 à Perpignan (dans son acte de mariage et dans son extrait de naissance ; le 16 juin 1791 par erreur in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831), (elle-même fille de Doc, Joseph, tourneur, et de Chaubet, Elisabeth). Ouvrier boutonnier. Il participa à l’expédition de Rambouillet avec les volontaires de la légion de la IVe garde nationale et « […] étant monté en route sur une voiture où se trouvaient des combattants qui ne cessaient de tirer des coups de fusil, il fut malheureusement atteint, par la maladresse d’un de ses voisins, d’une balle au pied gauche, qui lui brisa les os ». Reçu à l’hôpital du Gros-Caillou, le 4 août 1830, il fut, contradictoirement, soit amputé et mourut de ses blessures, le 20 août (selon son extrait mortuaire délivré par l’hôpital du Gros-Caillou), soit, selon un certificat médical, décéda « à la suite de l’inflammation de l’estomac et des intestins (gastro-entérite) produite par l’abus des liqueurs alcooliques dont il a fait usage à Rambouillet » et sans que l’amputation eût été nécessaire. En effet, en date du 15 septembre 1830, était délivré le certificat médical suivant : « Je, soussigné, inspecteur membre titulaire du conseil de santé des armées, certifie que le nommé Basset, Joseph, âgé de vingt ans, a été reçu à l’hôpital du Gros-Caillou le 4 août 1830 pour un coup de balle au pied gauche reçu à l’expédition de Rambouillet ; et que ce jeune citoyen a succombé le 20 août 1830 à la suite de l’inflammation de l’estomac et des intestins (gastro-entérite) produite par l’abus des liqueurs alcooliques dont il a fait usage à Rambouillet, l’amputation du membre a été inutile. » Dans son ouvrage Relation chirurgicale des événements de juillet 1830 à l’hôpital militaire du Gros-Caillou, le chirurgien Larrey fils écrit ces lignes à propos de la blessure que reçut Basset : « B***, âgé de vingt-quatre ans, tourneur de profession, était assis sur l’impériale de l’une des innombrables voitures revenant de Rambouillet, lorsqu’un de ses camarades, placé dans l’intérieur, eut l’imprudence de décharger son fusil par la portière, et le blessa au pied gauche. Il fut aussitôt transporté à l’hôpital du Gros-Caillou. L’articulation tibio-tarsienne semblait seulement effleurée ; aussi pansa-t-on la plaie simplement, d’autant qu’aucun accident ne se manifestait d’ailleurs ; mais vers le huitième jour le pied devint le siège d’un gonflement inflammatoire assez étendu et très douloureux ; la quantité de la suppuration s’accrut promptement, et détermina une fièvre ardente. M. Larrey, en sondant la plaie avec soin, reconnut que l’articulation était ouverte et pénétrée déjà par le pus. L’amputation de la jambe était inévitable ; le blessé ne s’y résolut que très difficilement ; elle fut pratiquée, le 11 août, par le chirurgien en chef ; mais dès le lendemain il survint des accidents nerveux et une hémorragie veineuse assez forte. Le 17, la fièvre fut accompagnée d’hépatite symptomatique et de délire : rien ne put arrêter les progrès rapides de cette funeste complication, et deux jours après le jeune B*** avait succombé. La dissection du membre démontra une lésion plus profonde qu’on ne l’avait diagnostiquée, car, indépendamment de la plaie pénétrante de l’articulation tibio-tarsienne, l’astragale était fracturé, et tous les os de la seconde rangée du tarse se trouvaient broyés. Il n’a pas été possible d’examiner les organes intérieurs. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 15 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement comparurent : Gibrat, Jean, fruitier, demeurant 9, rue de la Chanvrerie ; Arnould, François, Jacques, boutonnier, demeurant 8, rue de la Chanvrerie ; Mouton, Charles, boutonnier, demeurant 11, rue de la Chanvrerie. « Lesquels, sur la réquisition de dame Joséphine Doc, épouse de Joseph Basset, cordonnier, […] nous ont attesté sous serment porté individuellement entre nos mains, avoir parfaitement connu ledit Joseph Basset, fils mineur, et savoir comme fait de notoriété publique que le 3 août dernier il est parti avec plusieurs autres citoyens pour Rambouillet dans l’intention de se battre contre l’ex-garde royale ; qu’étant monté en route sur une voiture où se trouvaient des combattants qui ne cessaient de tirer des coups de fusil, il fut malheureusement atteint par la maladresse d’un de ses voisins, d’une balle au pied gauche, qui lui brisa les os ; qu’ayant été transporté aussitôt à l’hôpital du Gros-Caillou, il fut vu dans la nécessité de subir l’amputation de la jambe gauche, par suite de laquelle opération il est mort le 23 août (sic) dernier ». Il avait été élevé pendant dix ans par Charles Mouton, un ouvrier boutonnier, né vers 1781 à Yppaincourt (Meuse), qu’il l’avait trouvé sur le pavé de Paris, abandonné de ses père et mère. Mouton l’avait pris en pitié, l’avait nourri, et lui avait appris son état, sans que jamais il ne fît aucune distinction entre lui et ses propres enfants. Il demanda, infructueusement une indemnité pour la perte de son fils adoptif. Il accompagnait sa demande de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Charles Mouton, requérant, est bien le père nourricier depuis neuf ans du défunt Joseph Basset, mort victime des derniers événements par suite d’une blessure au pied gauche qui en a occasionné l’amputation. » Signé, le 15 septembre 1830 : Gibrat, demeurant 9, rue de la Chanvrerie ; Millet, principal locataire du 11, rue de la Chanvrerie. Le second certificat ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Charles Mouton travaille chez moi en qualité d’ouvrier boutonnier depuis l’espace de trente ans, tant pour mon père que pour moi, qu’il est sans moyens pécuniaires et que n’ayant jamais eu à me plaindre de lui je lui ai délivré le présent certificat pour lui servir en cette occasion pour jouir des bontés de M. le maréchal de camp Fabvier. » Signé, le 15 septembre 1830 : Arnould. Suivait l’apostille suivante : « J’ajouterai que le nommé Joseph Basset, protégé du requérant, était également chez moi en qualité d’apprenti et que la forme de la pétition est toute à ma connaissance. » Signé : illisible, sous-lieutenant à la 1re compagnie, 3e bataillon, de la Ve légion. La mère de Basset se nommait Doc, Josèphe, Elisabeth, Anne, née le 20 juin 1780 à Perpignan (mais le 16 juin 1791 à Perpignan in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/43) et s’était marié le 23 janvier 1807 à Perpignan avec Basset, Jean-Baptiste, Joseph, Sébastien. Elle présentait le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants la ville de Rouen, attestons avec vérité que la dame Josèphe, Elisabeth, Anne Doc, épouse du sieur Jean-Baptiste, Joseph Basset, demeurant à Rouen, rue du Petit-Puits n° 8, que son mari, absent depuis nombre d’années, l’ayant délaissée, qu’elle est de bonne vie et mœurs, d’une conduite irréprochable et intacte de probité, mérite à tous égards notre considération. » Signé, le 9 juin 1831 : Buisson ; Lahaye ; Leclerc ; Volet. Elle fut pensionnée de deux cents francs et il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Mouton demeurait 11, rue de la Chanvrerie, en 1830 ; sa mère 8, rue du Petit-Puits à Rouen (Seine-Maritime) en 1831, (mais à Digne Alpes-Maritimes in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/38 B). Relation chirurgicale des événements de juillet 1830 à l’hôpital militaire du Gros-Caillou, Hippolyte Larrey, chirurgien sous-aide-major, Paris, chez Béchet et chez l’auteur, 1831, p. 135-136 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 47 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 (sous le nom de veuve Basset, née Doc, Joséphine) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, ascendants (sous le nom de veuve Basset, née Doc, Joséphine).