Capron, Pierre, François

Biographie


Né vers 1789. Ancien économe de la Ville de Paris (place qui lui valait d’abord trois mille francs annuels puis six mille francs, par suite de diverses augmentations), destitué en 1824 de ses fonctions « sous les intrigues du parti jésuitique » après vingt-trois ans de service, pensionné de mille six cent cinquante francs ; il devait donner, après la révolution de Juillet, les explications suivantes sur les raisons de sa destitution : « […] Dans cette place, j’excitais l’envie des méchants. Et puis, admis constamment dans ce qu’on nommait les secrets de l’administration, je n’inspirais point de confiance aux faiseurs de l’époque qui entouraient M. le comte Chabrol et malgré la bienveillance constante de ce magistrat pour moi, malgré sa résistance même, je fus sacrifié aux influences qui avaient envahi tous les pouvoirs. On supprima mon emploi, en le récréant sous une autre dénomination. Je ne fus pas la seule victime. On réforma ou on déplaça toutes les personnes, au nombre de douze ou quinze, qui étaient sous mes ordres à l’Hôtel de ville. On fit maison nette pour avoir des créatures dévouées. La rigueur de cette mesure fut adoucie pourtant par des indemnités en argent, une fois payées, et par un brevet de pension annuelle, à titre de retraite […]. » De 1824 à 1830, aidé de capitaux de plusieurs amis, et ayant « pour associés MM. Constantin, Rougevin, Brack et un grand nombre de capitalistes honorables », il coopéra à de « vastes entreprises industrielles qui ont doté Paris et la banlieue de quartiers nouveaux : le quartier neuf des Champs-Elysées, Beaujon, la plaine de Passy, Sablonville etc. » ; en juillet 1830 il était administrateur-gérant de la société des Bateaux à vapeur de la Haute-Seine stationnant sur le port de la Grève et faisant le service de Paris à Montereau. Il fut un des premiers à entrer dans l’Hôtel de ville et à y rétablir l’ordre. Le 31 juillet, il donnait le récit suivant de sa conduite pendant les combats et après la prise de l’Hôtel de ville : « Au moment où le feu s’est engagé sur la place de Grève, le 28 à 1 heure, je me suis rendu sur le bateau la Seine, afin de le préserver, s’il était possible, des avaries auxquelles il était exposé. Je suis resté sans désemparer sur ce bateau jusqu’au lendemain 3 heures. Il a été criblé par les coups de feu, sa cheminée a été coupée par les boulets. En passant au petit jour sur la place de Grève, je m’aperçus que le peuple s’introduisait dans l’Hôtel de ville. Je voulus m’assurer si des mesures de conservation avaient été prises. Déjà, un désordre affreux avait commencé. Le peuple, qui était en armes, furieux des assassinats dont il venait d’être victime, brisait les portes et culbutait le mobilier des bureaux. Un grand nombre d’hommes avait pénétré dans le local du conseil de préfecture, d’autres enfonçaient les portes du trésor de la Ville. Je m’élance au milieu des plus furieux. Je les rappelle au bon ordre. Je leur fais sentir qu’ils déshonoraient leur conduite héroïque de la veille. Je fus compris et le pillage cessa subitement sur ce point. Les hommes que je redoutais le plus furent placés par moi, comme sentinelles. Cette marque de confiance les électrisa. Ils devinrent les défenseurs d’un monument qu’ils allaient anéantir. La même conduite me réussit sur tous les autres points. La demeure de M. le comte Chabrol (qui était encore chez lui) fut respectée. Il apprit que j’étais à mon ancien poste et il me fit remercier par M. Pallud, maître d’hôtel de la Ville. Cependant la foule grossissait. Mes sentinelles n’allaient plus suffire. Je m’empressais de chercher quelques gardes nationaux dans le quartier. M. Gauthier, ancien officier, demeurant rue de la Tixéranderie, voulut bien déférer à mon invitation. Il vint avec son vieil habit calmer l’effervescence. D’autres gardes nationaux se joignirent à lui et le peuple, dont les sentiments ont été admirables pendant tous ces événements, se laissa contenir sans la moindre difficulté. Mon premier soin fut de faire veiller particulièrement aux abords du trésor. J’enlevai subitement avec un officier de la garde nationale une étiquette en papier portant le mot Caisse (les autres inscriptions avaient été effacées la veille). Je maintins le bon ordre jusqu’à l’arrivée du général Dubourg. J’indiquai à M. Baude quelques mesures qu’il fallait prendre de suite. Je n’oubliai point surtout de lui signaler la garde du trésor. De nouvelles sentinelles furent apostées, des étiquettes sur bandes formant scellés furent apposées sur les portes ; ces étiquettes portaient ces mots : Trésor de la Ville, confié à la garde nationale. Je fis organiser les bureaux du gouvernement provisoire. Je m’emparai de toutes les clés. Je repris enfin mes anciennes fonctions d’économe de la Ville de Paris. M. Baude, par une commission écrite, m’autorisa à conserver le pouvoir que l’intérêt public m’avait fait usurper. Depuis ce moment, je n’ai pas cessé de faire exécuter dans l’Hôtel de ville tout ce qui m’a été demandé par M. le général Lafayette, le général Dubourg, M. Baude, M. Zimmer, etc. Je crois avoir rendu quelques services. Aujourd’hui l’ordre se rétablit. L’ancien économe, M. Buffet, homme honorable sous tous les rapports, vient, comme tous les autres employés, réclamer sa place. Cette place a été la mienne. La faction qui vient de succomber me l’a ravie, après vingt-trois ans de service, d’une manière infâme. J’y suis réinstallé, j’en ai fait en quelque sorte la conquête, je désirerais vivement la conserver, j’en ai besoin, j’ai une nombreuse famille, de grandes charges. D’un autre côté, je désire peut-être plus encore ne point être la cause de l’affliction de l’excellent M. Buffet. M. le préfet décidera, je m’en rapporte respectueusement à sa décision. » Dans une autre note, Capron devait aussi apporter comme précisions à sa conduite, que le trésor de la Ville montait à cinq cent mille francs lors de l’invasion, aussi que les « soldats gravement blessés qui avaient été abandonnés dans l’Hôtel de ville (gardes royaux et Suisses) au lieu d’être insultés furent portés par le peuple sur des fauteuils à l’Hôtel-Dieu », et enfin qu’il avait fait réquisitionner l’imprimerie royale et avait signé les bons d’impression des premières proclamations. Par décision du gouvernement provisoire, en date du 29 juillet 1830, il avait été en effet chargé de diriger le service intérieur de l’Hôtel de ville. Peu après, une solution fut trouvée pour mettre fin aux problèmes que posait la nomination de Capron, tant pour lui-même que pour l’ancien économe. Lucas-Montigny fit le rapport suivant : « Le soussigné vient de recevoir un exposé par lequel M. Capron, ancien employé supérieur de la préfecture, détaille les services que dans les journées du 28 et du 29 il a, pour la défense et la conservation de l’Hôtel de ville rendus avec un dévouement et un courage qui ont été appréciés par plusieurs membres du gouvernement provisoire et de la Commission municipale, desquels il a reçu la promesse de rentrer dans l’administration. Le soussigné croit devoir saisir cette occasion pour soumettre à M. le préfet un projet qui avait fort occupé M. le comte Chabrol et plusieurs membres du conseil municipal. La Ville de Paris a beaucoup de propriétés, de terrains par exemple que leur peu d’importance, leur dissémination et la préoccupation naturelle d’une grande administration chargée de graves et nombreuses affaires et le voisinage d’une foule de propriétés particulières exposent à toutes sortes d’usurpations. On avait songé à établir, dans l’intérêt de la Ville, un contrôle spécial, actif, permanent, chargé de veiller par toutes les voies de droit à la conservation de tous les droits immobiliers de la Ville, quels qu’ils puissent être. Ce contrôle a été confié à un des bureaux que dirige le soussigné et par ce bureau à un excellent employé, qui s’en est occupé avec plus de zèle que de succès, absorbé qu’il était par un service principal dont les devoirs et les travaux prenaient la plus grande partie de son temps. Le grand intérêt de conservation dont il s’agit et dont les conjonctures actuelles augmentent beaucoup l’importance pourrait donc, dans l’opinion du soussigné, motiver l’institution d’un contrôle spécial des intérêts immobiliers de la Ville de Paris. Et si M. le préfet agréait cette proposition, je prendrais la liberté de lui représenter, avec l’assentiment de tous mes collègues, que personne ne peut mieux convenir à cet emploi que M. Capron, dont le zèle, l’activité, les connaissances spéciales, l’habitude de manier les questions contentieuses seraient éminemment utiles dans l’exercice de ces fonctions, qui seraient remplies sous la direction du 1er bureau de la 3e division. » Signé, le chef de la 3e division : Lucas-Montigny. Capron fut nommé conservateur des propriétés immobilières de la Ville de Paris, par arrêté de Delaborde, chargé provisoirement de la préfecture de la Seine, en date du 1er août 1830. Le 9 septembre 1830, conservateur des propriétés immobilières, il adressait cette lettre au préfet et qui donne de nombreuses indications biographiques : « J’étais vivement ému, Monsieur, lorsque j’ai eu l’honneur de me présenter avant-hier à votre cabinet. Je venais de parcourir quelques bureaux de l’Hôtel de ville et je m’étais aperçu que notre dernière révolution n’y avait encore rien changé. Les jésuites y avaient repris leur aplomb, leurs manœuvres, et les honnêtes gens étaient dans la crainte. Ces derniers s’entretenaient tout bas de notes secrètes que vous aviez reçues et des infamies qu’elles contenaient. Monsieur, il faut épurer l’administration et opérer des économies. Vous obtiendrez facilement ce double résultat si vous renvoyez quelques jésuites et si vous supprimez les incapacités. Sans doute il ne faut pas, dans les circonstances où nous sommes, ménager les fripons, les indélicats, si toutefois il en existe parmi les employés ; mais vous repousserez l’influence de notes secrètes car, sous d’autres couleurs, nous retomberions dans les inconvénients d’une congrégation. Si les notes qui vous ont été remises sont signées, mettez en présence l’accusateur et l’accusé. Les honnêtes gens ne redouteront plus d’être attaqués quand ils pourront se défendre. Les coupables seuls succomberont. Il y aura loyauté, justice dans cette marche (?) pour tous. Déjà, j’ai eu l’honneur de vous apprendre que j’avais été victime de manœuvres odieuses. Votre prédécesseur, dans son zèle de police jésuitique, ne s’est point borné à m’abattre, il a frappé en même temps que moi toutes les personnes qui étaient employées sous mes ordres à l’Hôtel de ville. Il les a remplacées par ses créatures et l’une d’elles a dilapidé la caisse particulière des employés de la préfecture. M. Defresnes, alors, n’était que chef de bureau ; depuis, il est devenu secrétaire général. Sa prospérité n’a point eu, heureusement, de durée. Dans ce temps-là, monsieur, on m’assurait d’être riche. J’aurais pu, en effet, le devenir. Ayant été chargé, comme économe de la Ville de Paris, de services importants et ayant dirigé les fournitures faites aux Alliés en 1814 et 1815. Cependant, monsieur, j’étais si peu riche qu’au moment de la suppression de mon emploi (après vingt et un ans de service), un de mes amis d’enfance, chef de bureau à la préfecture, fut obligé de me prêter une somme assez considérable pour me mettre à même de payer quelques dettes et pourvoir aux premiers besoins de ma nombreuse famille. Depuis ma sortie de l’Hôtel de ville, j’ai fait d’immenses affaires immobilières, au moyen de capitaux qui m’ont été confiés par un grand nombre de personnes. J’ai été l’un des fondateurs des nouveaux quartiers de François-Ier, de Beaujon, de Passy etc. Et, en contribuant à embellir Paris, en procurant de l’occupation à une foule d’ouvriers, je marchais rapidement à la fortune mais des calamités de tous genres, une crise financière et surtout l’impéritie du gouvernement de Charles X vinrent arrêter subitement nos opérations et compromettre les positions les mieux établies. Je suis, monsieur, parmi les spéculateurs de ce genre du nombre des plus heureux. Il ne me reste rien, absolument rien (excepté quelques éventualités dans plusieurs affaires) mais je suis parvenu à faire face à la presque totalité de mes engagements. Au moyen de mes appointements et de la rentrée de quelques petites sommes, j’espère d’ici à peu d’années parvenir à éteindre mes dernières dettes. Pour arriver à ce résultat, monsieur, résultat que je cherche ardemment à obtenir puisqu’il s’agit de sauver l’honneur du naufrage, j’ai besoin de compter sur les honoraires qui seront attribués au nouvel emploi dont j’ai en quelque sorte fait la conquête dans notre glorieuse révolution. Vous avez su probablement, monsieur, que cet emploi m’a été donné par M. le comte Delaborde, en compensation de celui d’économe de la Ville, dans lequel le gouvernement provisoire m’avait rétabli et qu’on désirait rendre au titulaire actuel, M. Buffet. Ma nomination a eu lieu sur la proposition de M. Lucas-Montigny, chef de division, parlant en son nom et au nom de quelques-uns de mes collègues, comme récompense de mes anciens services et de ceux qui j’avais rendus récemment, en m’emparant de notre l’Hôtel de ville dans la nuit du 28 au 29 et en préservant cet édifice du pillage et de l’incendie. Ce dernier fait est de notoriété publique. Cependant, monsieur, vous pourriez au besoin consulter mon dossier à la Commission des récompenses, où se trouvent les attestations de M. le général Lafayette, de M. Baude, etc. J’ai cru devoir vous écrire cette lettre, monsieur, afin de vous éclairer sur ma véritable position. J’ai cru devoir aussi, rendant hommage à votre cœur, à votre patriotisme, vous signaler la cause des angoisses des employés de la préfecture, afin de vous mettre à même de les rassurer. J’ai l’honneur, etc. » Il signait en tant qu’aussi membre commissaire de la Société libre de l’industrie immobilière. Sans doute des difficultés surgirent quant à son emploi puisqu’il réclamait encore plusieurs mois après sa nomination que son emploi fût confirmé et surtout que fussent décidés les émoluments qui devaient l’accompagner. Le 22 décembre 1830, il proposait encore ses services au préfet, précisant : « J’aime l’ordre et, au besoin, je saurais encore le défendre avec énergie. » Le 25 février 1831, il demandait une nouvelle fois, qu’on fixât exactement les attributions de sa nouvelle place et, par suite, les émoluments qui y seraient affectés. Parallèlement, le dossier de ses droits à une décoration fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (ce n’est pas plutôt le IXe arrondissement ?). Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Capron a fait faire, sur mon invitation, diverses dépenses et fournitures d’urgence pour le service public et notamment qu’il a fait donner des secours d’argent à trois cents militaires désarmés qui étaient en station sur la place de l’Hôtel de ville. » Signé, le 3 août 1830 : Zimmer, colonel, chef de l’état-major de la garde nationale. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Capron a fait partie du bureau de permanence à l’Hôtel de ville les 29, 30 et 31 juillet et qu’il y a rendu des services de tous genres avec un zèle et une capacité remarquables. Je certifie en outre que M. Capron a été chargé par le gouvernement provisoire de réorganiser le service intérieur de l’Hôtel de ville et qu’il a été pourvu par ses soins aux premiers besoins des volontaires et des troupes casernées dans Paris. Je certifie enfin que M. Capron, qui dans la matinée du 29 juillet avait donné des preuves de courage, en prenant possession de l’Hôtel de ville et en y maintenant l’ordre jusqu’à l’arrivée du gouvernement provisoire, a pris part à diverses mesures importantes tendant à l’établissement du nouvel état des choses. » Signé : Lafayette. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Capron a fait partie du bureau de permanence à l’ l’Hôtel de ville les 29, 30 et 31 juillet dernier et qu’il a rendu des services de tous genres avec un zèle et une capacité remarquables. Je certifie en outre que M. Capron a été chargé par le gouvernement provisoire de réorganiser le service intérieur de l’Hôtel de ville et qu’il a été pourvu par ses soins aux premiers besoins des volontaires et des troupes casernées dans Paris. Je certifie enfin que M. Capron, qui dans la matinée du 29 juillet avait donné des preuves de courage en prenant possession de l’Hôtel de ville et en y maintenant l’ordre jusqu’à l’arrivée du gouvernement provisoire, a pris part à diverses mesures importantes tendant à l’établissement du nouvel état des choses. » Signé, le 10 août 1830 : Zimmer (voir plus haut) ; suivait l’apostille de Lafayette : « Je me joins avec grand plaisir aux attestations données par le colonel Zimmer. » Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie exacts et véritables les faits suivants, dont j’ai la connaissance intime. 1°) Dans la nuit du 28 au 29 juillet dernier, l’Hôtel de ville ayant été abandonné par les troupes (et tous les employés ayant été obligés de fuir au moment du carnage), M. Capron a pénétré dans l’intérieur de l’Hôtel de ville et par ses discours autant que par sa conduite ferme, il est parvenu à empêcher le désordre que, dans leur juste ressentiment, un grand nombre d’hommes armés avaient commencé. Il était 3 heures un quart. 2°) M. Capron, ayant contenu le premier mouvement, a choisi parmi le peuple lui-même des gardiens, qu’il a placés en sentinelle dans divers endroits et notamment au trésor de la Ville, dont l’une des portes d’entrée avait été brûlée. Il était alors 3 heures et demie. 3°) Enfin M. Capron alla dans les environs prier des gardes nationaux de prendre possession de l’Hôtel de ville ; M. Gautier, officier, se rendit à son invitation. 4°) L’ordre étant à peu près rétabli, M. Capron fit enlever les cadavres qui se trouvaient dans l’Hôtel de ville et fit transporter les blessés à l’Hôtel-Dieu. » Signé le 1er août 1830 : Pallud, maître d’hôtel de la Ville de Paris. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, gardes nationaux des environs de l’Hôtel de ville, certifions que M. Capron, ex-économe de la Ville de Paris, s’est transporté à notre domicile, le 29 juillet dernier à 4 heures du matin, pour nous inviter à venir, en habits de gardes nationaux à l’Hôtel de ville l’aider au maintien du bon ordre dans cet édifice, où il avait déjà établi des gardiens provisoires. » Signé, le 4 août 1830 : Davesne, limonadier, demeurant 4, place de la Ville ; Lesieur (voir Lesieur, Jacques, Marie), lieutenant de la IXe légion de la garde nationale, demeurant 118, rue de la Mortellerie ; Fleury, L., F., J., adjudant sous-lieutenant du 1er bataillon de la IXe légion, demeurant 8, rue du Monceau ; Aubertin (voir Aubertin, Jean ?), sergent de la garde nationale ; Bollé, garde national, demeurant 8, rue du Monceau-Saint-Gervais ; Belloir, tapissier, demeurant 15, rue de la Tixéranderie ; Fromantin, demeurant place de l’Hôtel-de-Ville. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Capron, ex-économe de la Ville de Paris, s’est transporté à mon domicile, rue de la Tixéranderie n° 11, à l’effet de m’engager à me rendre à l’Hôtel-de-Ville, revêtu de mon uniforme, pour y prendre possession de cet édifice, le 29 juillet au matin, au nom de la garde nationale. Ayant obtempéré à l’invitation de ce citoyen, je me suis rendu à l’Hôtel-de-Ville, accompagné de quelques gardes nationaux, habillés et armés. Là, je me suis joint à différentes personnes que M. Capron avait installées à diverses portes, comme gardiens, et le bon ordre a pu être maintenu jusqu’à l’arrivée du gouvernement provisoire, où d’autres officiers de la garde nationale ont reçu le commandement. » Signé, le 4 août 1830 : Gautier, capitaine de la garde nationale pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet, juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Capron m’a invité à prendre le commandement des hommes armés qui se trouvaient sur la place de l’Hôtel-de-Ville, le 29 juillet 1830 à 5 heures du matin, à l’effet de rétablir le bon ordre et à empêcher le pillage dans les bureaux de la préfecture du département de la Seine. Ayant obtempéré à l’invitation de M. Capron, je me suis opposé à l’enlèvement de divers objets (notamment une pendule et des rideaux) et j’ai conservé mon poste jusqu’à l’arrivée du général Lafayette, époque à laquelle M. Capron m’a fait relever. » Signé, le 10 août 1830 : Martin, ex-sous-lieutenant à l’ex-150e de ligne, demeurant 128, rue de la Mortellerie. Lui-même délivra le certificat suivant en faveur de Gautier-Bouchard (voir ce nom), juge suppléant au tribunal de commerce : « Je prends la liberté de signaler à la Commission du (ancien) IXe arrondissement le zèle et le dévouement de M. Gauthier (sic), officier de la garde nationale et juge suppléant au tribunal de commerce. M. Gauthier a bien voulu, sur mon invitation, venir, revêtu de son uniforme, prendre possession de l’Hôtel de ville, au nom de la garde nationale le 29 juillet à 4 heures du matin. Sa présence a ramené le bon ordre et a provoqué le rassemblement de divers gardes nationaux et d’hommes armés sur la place de l’Hôtel de ville. Lorsque je suis allé chez M. Gauthier, il était occupé à distribuer des armes qu’il avait en sa possession, en sa demeure, rue de la Tixéranderie. » Signé, le 10 août 1830. Il ne fut pas compris sur la liste des décorés. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour se plaindre de l’oubli qui avait été fait de ses droits : « J’ai eu la maladresse de vous dire que la place de conservateur des immeubles de la Ville de Paris m’avait été donnée comme récompense des services que j’avais rendus à l’Hôtel de ville ; cela était vrai et les termes mêmes de l’arrêté de nomination le prouvent. Mais depuis juillet les hommes et les choses ont bien changé : on a oublié les services que j’ai rendus (il est possible même qu’ils m’aient été reprochés) et depuis quelque temps les attributions et les émoluments de cette place me sont contestés. J’attendais avec impatience la distribution des décorations ; j’espérais que le signe que je croyais avoir mérité viendrait donner de la force à mes réclamations et que la fixation de mes appointements n’éprouverait pas de difficulté. Mais je ne vois point mon nom sur la liste tandis que j’y lis celui de quelques personnes qui ont bien voulu m’aider à l’Hôtel de ville. Illisible était positif. Il me répugnait de faire la moindre démarche. J’ai eu tort de négliger ce soin. Je n’aurai peut-être ni décoration ni place. Ayez la bonté, monsieur, de me faire savoir si, dans la conclusion de votre rapport à mon sujet, vous n’avez point rejeté ma demande de décoration par cela seul que j’avais obtenu un emploi, veuillez aussi me faire connaître si la Commission des récompenses présente de nouvelles nominations. Suivant votre réponse, je m’empresserai de former une nouvelle demande, qui serait appuyée des témoignages de MM. Baude, Zimmer, Francque et des nombreuses personnes qui m’ont vu à l’Hôtel de ville où je suis entré dans la nuit du 28 au 29. Un grand nombre de décorés viendront au besoin appuyer la vérité de ce fait et diront jusqu’à quel point a été porté mon dévouement à la cause de la liberté. J’ai l’honneur, etc. » Il mourut le 29 mai 1847. Sa veuve donnait, le 6 avril 1848, à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, les éclaircissements suivants sur sa biographie et sur les raisons de la mort de son mari : « Le gouvernement issu des barricades n’ayant pas tardé à mentir à son origine, mon mari, républicain de conviction, préféra à sa nouvelle place sa modeste pension et son indépendance. Il rentra de nouveau dans la vie privée. Il est mort le 29 mai 1847, à l’âge de cinquante-huit ans, épuisé par la maladie et le chagrin d’affaires embarrassées par la mauvaise foi de personnes qui auraient dû et pu sauvegarder ses intérêts […]. » La veuve, âgée de soixante ans, d’une santé délabrée, restée seule avec quatre enfants, avec seulement le quart de la pension de son mari, soit quatre cents francs, demandait un secours. Elle fut proposée par la Commission pour obtenir un bureau de tabac aux barrières de Paris ou dans les environs. Capron était privé du bras droit. Il avait demeuré dans le (ancien) IXe arrondissement pendant vingt ans, précisait-il en 1830 ; mais 19, route de Saint-Cloud à Passy en 1830 ; aussi 20, quai Pelletier, où était son bureau, en 1830 ; sa veuve demeurait 29, rue Fontaine-Saint-Georges en 1848. Archives de la préfecture de police AA 376.

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