Châteaugiron de, René, Charles, Hyppolyte (Le Prestre de Châteaugiron)
Biographie
Né vers 1776 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Marquis, enrôlé volontaire en 1794 comme officier de hussards, aide de camp du général de division Marceau, il fit sous ses ordres les campagnes de Vendée et de Sambre-et-Meuse, secrétaire de légature en Prusse en 1798, premier secrétaire d’ambassade en Russie en 1803, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 19 mai 1825, commandant de la garde nationale de Sceaux de 1815 à 1819, membre du conseil général du département de la Seine depuis 1822. Il qualifia ainsi la conduite qu’il avait tenue pendant les journées de Juillet : « […] Ce que j’ai fait en juillet, je devais impérativement le faire. J’étais magistrat de Paris ; le sang de ses habitants coulait depuis deux jours. Au risque de voir répandre le mien, je devais faire tout ce qui dépendait de moi pour faire cesser cette lutte sanglante. On ne me doit donc aucune reconnaissance et c’est une faveur que l’on m’accorde ne me comparant à ces braves ouvriers qui quittaient leurs femmes et leurs enfants pour aller au-devant de la mort. Rien ne les obligeait impérieusement à tant risquer mais, moi, mon devoir était tracé par la place que j’occupai. » C’est à son domicile que fut soigné Coudère, Jean (voir ce nom), blessé le 29 juillet soit par la chute de la guérite qui était placée au coin des rues de Monthabor et de Castiglione soit en participant à la construction d’une barricade, rue Coquenard. Il fit partie avec Bixio Giacomo Alexandro, Gautier Etienne Guillaume, Vincent, Labillois Charme Jean-Baptiste, Crépin Romain Antoine François, Moreau (demeurant à Vanves, mais lequel il y en a deux… à retrouver…), Leullier Armand, Lejemptel Guillaume Louis, Dumas, Alexandre (voir ces noms), des dix membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il faisait aussi partie d’une commission chargée d’apporter des secours aux victimes de la révolution de Juillet, commission qui se réunissait chez lui. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la sous-préfecture de Sceaux (sous le seul nom de Château Giron sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il avait reçu trois mille francs de la Commission pour les distribuer à ceux qui en avaient eu besoin et offrait, en avril 1831, d’en rendre les comptes. Il signa, comme membre du conseil municipal de Sceaux, un certificat en faveur de Girard, Jean, Narcisse (voir ce nom), en le recommandant à la bienveillance de la Commission des récompenses nationales et précisant qu’il apportait « le plus vif intérêt à la pétition de ce brave et honnête jeune homme ». Il rédigea une lettre (le destinataire ne nous est pas connu), depuis Aulnay, le 6 novembre 1830, pour obtenir une décoration en faveur de Vincent, Pierre, Chéri (voir ce nom) et de Crépin, Romain, Antoine, François (voir ce nom) et expliquant à leur sujet : « […] M. de Lafayette nous avait promis quatre décorations pour quota des gardes nationaux de notre IIIe légion (celle de Sceaux). M. le colonel et moi nous avons été chargés de les choisir et nous les avons pris exclusivement parmi ceux qui s’étaient distingués dans les journées de Paris. Nous l’avons fait, je vous le jure, avec conscience. Nous avions choisi, entre autres, comme officier, M. Vincent, chef de bataillon à Montrouge, qui, dès le 27, s’est mis à la tête de ses concitoyens et a combattu avec un courage auquel chacun des assistants a rendu justice. Il a contribué puissamment à la prise de la caserne de la rue de Babylone. Nous tenions beaucoup à lui faire obtenir la seule récompense qu’on pût lui accorder et les mauvais choix faits à Paris ont empêché que la mesure bonne chez nous eût lieu. Pour le dédommager, la Commission des récompenses nationales ne pourrait-elle le porter pour la croix sur son tableau ? Personne ne l’a mieux méritée que lui. Si vous y pouvez quelque chose, je vous prie de m’aider à faire cette bonne œuvre. M. Vincent, quoique peu fortuné et ayant besoin de se livrer à son commerce pour vivre, se livre entièrement à la formation de la garde nationale et néglige chaque fois ses propres intérêts. Comme soldat, nous avions soldat Crespin, du même bataillon, que vous avez vu à Vaugirard et qui est estropié du bras pour la vie. Ce brave homme s’est mis, un des premiers, à la tête de ses concitoyens et, en outre de la pension qui lui est bien acquise, il aurait bien mérité une plus noble récompense. » Le 22 octobre 1830, en qualité de « membre du conseil municipal de Paris, ayant exercé les fonctions de sous-préfet de Sceaux pendant les mois d’août et de septembre », il signait le certificat suivant en faveur du même Vincent, Pierre, Chéri : « J’éprouve un grand plaisir à certifier la vérité des faits contenus dans la demande de M. Vincent. Ils m’ont été connus aussitôt après les journées de Juillet, lorsque j’exerçais les fonctions provisoires de sous-préfet à Sceaux. J’ajouterai que depuis cette époque, M. Vincent, choisi par ses concitoyens pour commander le bataillon de Montrouge, a montré le zèle le plus actif pour l’organisation de la garde nationale et qu’il seconde de tous ses pouvoirs l’action de l’autorité municipale. M. Vincent, par son patriotisme et les services qu’il a rendus à son pays et qu’il lui rend encore journellement, mérite tout l’intérêt de l’administration. » Il signa, depuis Aulnay le 13 novembre 1830, la lettre suivante en faveur de Fayol, Joseph : « Je profite avec un vif empressement de toutes les occasions qui s’offrent à moi pour correspondre avec M. Guyot car je dois lui dire que ses manières et sa conduite me l’ont fait prendre tout à fait en amitié. Je lui demande un peu de réciprocité de sa part. Je lui adresse un jeune homme fort intéressant, élève de la maison de Charenton, dont la modestie s’était dérobée longtemps à toutes les invitations de ses amis. Ce jeune homme, par sa position, ne veut qu’une récompense honorifique, qu’il croit avoir méritée et tous ceux qui le connaissent partagent cette opinion. Il n’y a qu’une voix sur son compte. Je désire bien qu’il paraisse à M. Guyot digne de son intérêt et, dans ce cas, je le prie d’appuyer la demande qu’il fait à la Commission de la décoration que la loi accorde à ceux qui se sont distingués dans les mémorables journées de Juillet. Je prie, etc. » Il adressa la lettre suivante (le destinataire ne nous est pas connu) au sujet de Salel, Hippolyte : « Mon cher collègue, permettez-moi de vous adresser et de recommander à tout votre intérêt, M. Salet, ancien maréchal des logis au 24e chasseurs. C’est un des hommes qui a le mieux servi notre cause et qui en a été le moins bien récompensé. On avait demandé pour lui une place de sous-officier dans la garde municipale à cheval et, croyant avoir la certitude de l’obtenir, il avait vendu son fonds de relieur, et dans l’attente de ce qui n’est pas arrivé, il s’est trouvé réduit à de cruelles extrémités pour un homme qui a de la famille et de l’honneur. Il a rendu de véritables services à notre cause et il aurait besoin d’un secours en argent, qui l’aide à remettre un peu d’ordre dans ses affaires, qui ont été extrêmement dérangées par son application au bien public. Il est impossible d’avoir de meilleurs recommandations. Je vous prie de parler de lui à la Commission centrale dont vous êtes membre et de faire en sorte qu’il obtienne en argent un secours qui lui est bien dû et qu’il obtienne la croix, qu’il a plus méritée que tout autre. Je vous recommande tout particulièrement cette affaire, mon cher collègue, parce qu’il y a une grande injustice à n’avoir rien fait pour ce digne homme. J’en suis indigné. Veuillez en parler aussi à Le…ptet … illisible à votre première réunion. Je désire bien savoir comment votre affaire s’est passée hier à Vaugirard. On se dégoûterait de s’occuper du bien des autres si pareilles scènes se renouvelaient souvent. L’injustice est trop patente. » Il apostilla, le 20 août 1830, comme contenant des faits véritables les demandes de secours présentées par Beneau, Nicolas et Couturier, Jacques. En date du 14 décembre 1830, le préfet de la Seine adressait au ministre de l’Intérieur une recommandation afin de faire obtenir à Desgranges, François, Eléonor (voir ce nom) la décoration de la Légion d’honneur ; cette recommandation s’appuyait sur les avis de Château Giron et était ainsi rédigée : « M. de Châteaugiron (voir Château Giron de, René, Charles, Hyppolyte), commissaire délégué, qui, lors des événements de juillet dernier, a rempli les fonctions de sous-préfet de l’arrondissement de Sceaux, m’a prié de vous faire connaître combien il a été puissamment secondé pour le maintien de la tranquillité dans cet arrondissement et dans toutes les mesures de surveillance et d’administration par M. Desgranges, commandant de la garde nationale de Sceaux, pour lequel il désire qu’une demande d’admission dans l’ordre de la Légion d’honneur vous soit adressée. » Il signa, le 13 août 1831 à Aulnay, le certificat suivant en faveur de Julien, Louis, Désiré, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : Je certifie qu’après les journées de juillet 1830, étant sous-préfet provisoire de Sceaux, j’ai eu connaissance des pièces que M. Julien cite et qu’il a égarées. Elles attestaient sa bonne conduite dans les journées de Juillet. Je lui fis obtenir des secours pécuniaires de la Commission des récompenses nationales car sa position n’est pas heureuse. D’après tout ce qui m’a été dit de lui dans le temps, je crois qu’il mérite la récompense honorifique qu’il sollicite. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il soutint la demande de Libert, Pierre, Marie, François (voir ce nom), commandant la garde nationale de Bercy, quand ce dernier demanda la Légion d’honneur pour avoir réorganisé la garde nationale et protégé les barrières de l’octroi au début de la révolution de Juillet. Il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 19 octobre 1831. Il mourut le 6 juin 1848 à Nice (Alpes-Maritimes). Il demeurait 4, rue Castiglione en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1 (une lettre adressée à Jussieu de, Christophe-Alexis-Adrien [voir ce nom] sur la remise de trois mille francs pour la commission de secours), idem même référence sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831, idem même référence état nominatif des personnes domiciliées dans les cantons de Charenton et de Vincennes (arrondissement de Sceaux) qui ont succombé lors des événements de juillet 1830, soit sur la voie publique, soit à leurs domicile, ou dans les hospices de Paris, par suite de leurs blessures ; Archives de Paris VK3 42 ; Archives de Paris VK3 44 in dossier Fayol, Joseph ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Girard, Jean, Narcisse ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Renaud, Nicolas ; Archives de Paris VK3 52 in dossier Salel, Hippolyte ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Vincent, Pierre, Chéri ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIV/D/12 in dossier Desgranges, François, Eléonor ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Boucot, Jean-Marie ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales F/1dIV/L/17 in dossier Libert, Pierre, Marie, François ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Julien, Louis, Désiré ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1599/23. Il signe toujours de Châteaugiron.