Crahay, Léonard, Lambert
Biographie
Né vers 1779 à Liège (Belgique). Peintre en bâtiments. Il combattait sur la place du Châtelet, le 28 juillet quand il fut atteint de plusieurs coups de feu. Il se transporta près de la fontaine et mourut aussitôt. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 15 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Danjou, Jean-François (voir ce nom), peintre en bâtiments, demeurant 58, rue de l’Arbre-Sec ; Basso, Pierre, coiffeur, demeurant 30, rue des Marmousets ; Dine, Alexandre, menuisier, demeurant 21, rue aux Fèves ; Gérard, François, marchand de vin, demeurant 6, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Ils attestèrent avoir connu Crahay, Léonard, Lambert depuis plusieurs années et « ont, savoir le sieur Danjou, le 28 juillet dernier combattu ensemble sur la place du Châtelet, qu’étant à quelque distance l’un de l’autre des camarades sont venus lui dire que le sieur Crahay venait d’être blessé, qu’il s’est transporté près de la fontaine et qu’en effet il l’a vu couché par terre mort et percé de plusieurs coups de balle, qu’il en a reconnu trois sur les différentes parties du corps, et Gérard, marchand de vin, qu’étant avec ledit sieur Danjou et s’étant transporté avec lui sur la place du Châtelet auprès de la fontaine il y a également vu gisant par terre le corps dudit sieur Crahay qui venait de décéder percé de plusieurs coups de balle. Et par les sieurs Basson et Dine, qu’ils ont appris par la dame Marie, Joséphine Conrardy, qui passait dans la société pour être l’épouse du sieur Crahay, que le corps de ce dernier avait été porté à la morgue, qu’ils y sont allés avec elle et ont vu un cadavre parmi beaucoup d’autres, qu’ils ont reconnu pour être celui du sieur Crahay mais que se trouvant entassé avec beaucoup d’autres la situation dans laquelle il se trouvait placé ne lui a pas permis de distinguer s’il avait quelques blessures ». Il laissait deux filles, âgées de vingt-deux et vingt-quatre ans, Marie, Joséphine, Jeannette, et Marie, Mélanie, qu’il avait eues avec Conrardy Marie, Joseph, femme de ménage, née le 25 avril 1779 à Liège (Belgique), avec laquelle il ne s’était marié qu’à l’église et qui avait vécu avec lui treize ou dix-sept ans ; en 1830, elle était remarié depuis le 27 octobre 1828 avec Delaitre, Louis (voir ce nom). Elle fut par erreur pensionnée de cinq cents francs comme veuve de Juillet. Ayant d’elle-même fait rectifier l’erreur, sa pension fut supprimée mais sans que des poursuites fussent exercées. Ses filles ne purent prétendre à aucune pension, étant trop âgées. Crahay, Léonard, Lambert demeurait 4, rue Saint-Eloi. Conrardy (ou Corardy), Marie, Jeanne, Joseph demeurait 5, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs en 1831-1832. Le nom de Crahay (L.-L. Crahay) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 32 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/39 (lettre du 26 septembre 1832) ; Archives nationales F/1dIII/51 ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Delaitre ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.