Delaberge, Nicolas, Marguerite
Biographie
Docteur en médecine, reçu à la faculté de médecine de Strasbourg le 3 septembre 1819. Le 9 février 1824, le cabinet du préfet de police donnait au ministre de l’Intérieur les renseignements suivants sur le compte d’un Delaberge : « Votre Excellence m’a fait l’honneur de m’écrire, le 3 janvier dernier, qu’au nombre des individus qui s’agitaient, en ce moment, avec le plus d’activité, pour les élections, on désignait le lieutenant-général Bachelu, le colonel Carbonnel, le sieur Carel et le médecin Delaberge. Ce dernier a été, de tout temps, un des intrigants les plus actifs de son parti, et c’est non seulement dans les salons, où il est admis, qu’il préconise les candidats libéraux, mais on le voit journellement parcourir les différents quartiers de Paris et intriguer chez tous les boutiquiers, où ses relations et son état lui donnent facilement accès. Le sieur Delaberge ne couvre ses démarches d’aucun mystère : naturellement parleur, même indiscret, il se vante publiquement des voix qu’il a captées en faveur de ses amis. » Pendant les combats de Juillet, il soigna les blessés et on le « rencontrait partout où il y avait des vaincus à protéger contre le ressentiment des vainqueurs, et des blessés à panser » selon les Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires. La chronique de l’époque cite plusieurs fois le nom de Delaberge. Par exemple : « Le docteur Laberge (sic), que l’on rencontrait partout où il y avait des vaincus à protéger contre le ressentiment des vainqueurs, et des blessés à panser, venait de poser le premier appareil sur la blessure d’un citoyen atteint d’un coup de feu à la tête : un brancard était nécessaire pour transporter le blessé ; le docteur Laberge en a fait demander un à un homme de police [dans l’édition du lendemain, le journal précisa que l’homme de police était en fait un commissaire de police, N.D.A] ; il a répondu : Je n’ai pas de brancards pour ces gens-là. Il a fallu employer d’autres moyens pour transporter le malheureux blessé ; il est en ce moment à l’hôpital de la Charité. » Et aussi : « Douze à quinze gendarmes se trouvaient enfermés dans l’hôtel Polignac, aux Affaires étrangères, dans l’après-midi de la journée du 29, et le peuple armé voulait qu’on les lui livrât. M. Casimir Perier, qui rentrait chez lui, informé du motif de ce rassemblement, intercéda en leur faveur, et le docteur Laberge (sic), son ami, fut chargé par lui, conjointement avec M. Rollet, de pourvoir à leur sûreté. Ces deux messieurs pénétrèrent alors dans l’hôtel, où ils trouvèrent entassés dans un office très obscur les gendarmes dans un état pitoyable et presque nus, car ils s’étaient dépouillés de leur uniforme. On leur fit donner des vêtements ordinaires, et il leur fut permis de sortir par une autre porte, sur la rue des Capucines. Après s’être acquittés de leur noble mission, messieurs Laberge et Rollet se présentèrent au peuple. Quelques cris s’élevèrent encore pour demander les gendarmes, et furent bientôt calmés par M. Laberge, qui fit entendre au peuple ces paroles : “Vous vous êtes couverts de gloire, citoyens, d’une gloire immortelle, dont le souvenir ne se perdra jamais. Vous ne pouvez pas la souiller, et vous ne la souillerez pas, j’en suis certain, par un assassinat sur des hommes sans défense et qui demandent grâce.” De nombreux vivats se sont fait entendre ; la foule s’est dispersée à l’instant, et les chevaux des gendarmes ont été mis à la disposition du gouvernement provisoire. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Laberge). Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement (il n’est pourtant pas sur les listes de la Commission au [ancien] Ier arrondissement ni sur les listes des journaux). Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il demeurait 12, rue du Doyenné en 1820-1833 ; 33, rue de la Ferme-des-Mathurins (sur le registre de signatures de serments in Archives de Paris VK3 27) en 1831. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 ; Le Moniteur universel, 1er août 1830 ; Le Constitutionnel, 1e août 1830 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, p. 153 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 274 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 377 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 163-164 ; Trois jours !!! Histoire politique, militaire et anecdotique de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, par E.M.S. caporal dans la garde nationale, témoin oculaire, Paris, Levavasseur, 1830, p. 39-40 ; Evénements arrivés à Paris, les 27, 28 et 29 juillet, La Rochelle, imprimerie de Mareschal, 1830, p. 5-6 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi d’un chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 228-229 ; Histoire de la mémorable semaine de juillet 1830, avec les principaux traits de courage, de patriotisme et d’humanité qui ont brillé au milieu de ces grands événements, et un appendice de ce qui s’est passé jusqu’à la proclamation de Louis-Philippe Ier, par Ch. Laumier, seconde édition, Paris, Blanchard, 1830, p. 167-168 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 82-83, 108 ; La Quinzaine mémorable. Evénements arrivés à Paris du 26 juillet au 9 août 1830, avec la nouvelle charte constitutionnelle adoptée le 7 août ; ouvrage dans lequel on trouvera de nombreux faits avérés mais peu connus, Simon Blocquel, Paris, Delarue, s.d., p. 77-78 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 39-41 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Laberge) ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 (sous le nom de Laberge) ; Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1820, Dulac, Paris, chez Panckoucke, p. 190 ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Eustache, Charles ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 (sous le nom de De la Berge, Nicolas, Marguerite) ; Archives nationales F 7 6741 dossier 10 812, élections, correspondance avec MM. les questeurs de la Chambre des députés ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet (sous le nom de Laberge). In Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dubourg, Frédéric, il était sans doute un des signataires, avec Dubourg, Frédéric (voir ce nom), Lecocq (voir sans doute Lecocq, Louis, Octave, Amédée ?), Cogniard, Hippolyte (voir ce nom), Mendez (voir Mendez, Théodore, Auguste), Roger (lequel ?), Pierquin (voir sans doute Pierquin, Claude, Charles ?), Patonnelle ou Patounelle (c’est qui ?), Berteloite (voir Berteloitte, Henri, Louis) de la proposition faite, après la Révolution de Février, de la création d’une Association agricole de la légion nationale, chargée d’employer les décorés de Juillet, ou les blessés, ou leurs enfants à des travaux agricoles dans des établissements créés pour eux et qui devaient leur procurer des moyens d’existence (voir les statuts à Dubourg, Frédéric).