Dufour, Pierre, Charles, Antoine
Biographie
Né le 30 mars 1768 (dans son acte de baptême présent dans son dossier à la Légion d’honneur ; par erreur le 31 mars 1773 dans d’autres sources) à Lafère (Aisne), fils de Dufour, Charles, Antoine, brigadier dans les fermes du roi, et de Jacquelet, Marie, Gabrielle, son épouse. Colonel du 58e régiment d’infanterie de ligne en l’an XIII, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 24 septembre 1803, commandeur le 14 juin 1804. Général en 1830. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation aux combats : « Parmi les officiers de l’ancienne armée qui se sont distingués dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, nous citerons le général Dufour, qui fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite. Nous donnerons dans l’un de nos prochains numéros quelques détails sur la belle conduite de cet officier général. » Il signa le certificat suivant en faveur de De Paëpe, Théodore, Xavier : « Je, soussigné, atteste que M. Depaepe, Théodore, s’est trouvé, muni de ses armes, à mes côtés, place de la Bourse, pendant les journées de Juillet, qu’il s’est rendu avec nous où le danger paraissait le plus éminent. Une balle suisse lui a traversé son chapeau. Je délivre la présente attestation en ajoutant que le sieur Depaepe a des droits à la reconnaissance de la patrie. » Il signa, comme général et commandeur de la Légion d’honneur en faveur de Baudry, Auguste, Pierre le certificat suivant : « J’atteste que l’exposant, ancien officier de la vieille armée m’a remis à la Bourse, où j’avais établi mon quartier, une pièce de canon et un caisson qu’il a enlevés à ses risques et périls aux ennemis de la liberté et qu’il a contribué à diriger cette même pièce pour la défense de la patrie. » Il signa, le 30 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Boyer, Pierre, Nicolas : « Nous, soussignés, attestons que M. Boyer, Pierre, Nicolas, demeurant rue de la Montagne-Sainte-Geneviève n° 15, a combattu le 28 juillet dernier sur le pont d’Arcole lors de la prise de l’Hôtel de ville, qu’il a aussi combattu pour la prise du Louvre, de la place du Palais-Royal et jusqu’à l’évacuation du château des Tuileries par la garde royale. » Dans le récit que fit Boyaud, Louis, François (voir ce nom) de sa propre participation aux combats de Juillet, il laissait les indications suivantes sur Pailhès : « […] Après la pacification de ce quartier, le soussigné combattit aux Tuileries, y entra un des premiers, réprima le désordre autant qu’il était en lui et enfin escorta les vases de la chapelle royale jusqu’à la Bourse. Ne pouvant citer aucun témoin, il prend le parti de donner des détails. Les vases avaient été cachés sous le théâtre, ils en furent tirés, enveloppés dans une couverture de laine et portés à la Bourse par un homme qui paraissant être de la classe ouvrière. Parmi ces vases, était une cuvette en vermeil et deux flambeaux d’une grande beauté. On les déposa près de l’enceinte où se tiennent les crieurs d’effets publics à la Bourse et ils furent reçus par des officiers supérieurs, au nombre desquels étaient le colonel Pailhès et le général Dufour […]. » Il signa, le 12 août 1830, le certificat suivant en faveur de Genève de Geney, Camille, Joseph : « Les soussignés, combattants des trois partie du manuscrit brûlée que M. Genève de Geney, Camille, Joseph, colonel de partisans, chevalier de la Légion d’honneur, s’est distingué dans les journées de Juillet et notamment à la porte Saint-Denis, le mercredi 28 dudit mois 1830 contre la colonne de gardes royaux commandée par M. de Saint-Chamand, où fut [blessé] le colonel Pleinesèlve. Nous déclarons en outre qu’il a maintenu le bon ordre, empêché le pillage et qu’il a droit à la récompense nationale. » Il signa, le 2 juillet 1831 et comme commandeur de la Légion d’honneur, le certificat suivant en faveur de Lobrot, Antoine, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le nommé Lobrot, conducteur au Messageries, maintenant courrier aux malles postes, nommé par la Commission des récompenses nationales qu’il a si justement mérité tant sur la place des Victoires où Raguse faisait feu sur son propre... sur l’infâme peuple que je commandais. Il m’a accompagné sur la place... où également il a fait preuve de courage. De là, il partit pour se rendre à la place de l’Odéon par mon ordre, où il s’est ... jeunes gens de l’Ecole polytechnique et en droit pour enlever la caserne de Babylone, où il s’est distingué. Ce brave, sous tous les rapports, mérite la décoration de Juillet. » Il signa, le 20 août 1830, le certificat suivant en faveur de Perdrix, Frédéric, que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Le général Dufour, commandant (sic) de la Légion d’honneur, s’empresse de donner des preuves de satisfaction du zèle et de l’honorable titre de Français qu’a si bien mérité M. Louis Périnet dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. » Il signa, le 17 août 1830, le certificat suivant en faveur de Bacarisse, Etienne : « J’atteste que l’exposant, ancien officier de la vieille armée m’a remis à la Bourse, où j’avais établi mon quartier, une pièce de canon et un caisson qu’il a enlevés à ses risques et périls aux ennemis de la liberté et qu’il a contribué à diriger cette même pièce pour la défense de la patrie. » Il signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Debernon, Nicolas, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, combattants de Juillet, certifions que le nommé Deberom (sic) a combattu avec nous, à la Grève et au pont d’Arcole le 28, et, le 29, au Louvre, et qu’il a montré son courage comme un vrai patriote. » Il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait comme précisions que Dufour s’était illustré place des Victoires, place du Louvre, à la prise du Louvre, à celle des Tuileries et autres endroits, qu’il avait reçu une blessure, qu’il sollicitait la croix de Juillet et la confirmation de son grade militaire, ajoutant : « Il a combattu le jour et passait les nuits au quartier général à la Bourse, a maintenu le bon ordre et sa jeune gloire est digne de l’ancienne. Mérite sous tous les rapports ce qu’il sollicite. » On trouve, en juillet 1831, dans L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, l’article suivant le concernant : « Malgré le déploiement extraordinaire de forces, des démonstrations révolutionnaires ont eu lieu le jeudi 14. A quatre heures du matin, on a saisi du côté de l’Odéon, et conduit à la préfecture de police, un peuplier de trente pieds de haut, destiné à former un arbre de la liberté. Des individus vêtus en ouvriers, qui venaient de le faire entrer par la barrière d’Enfer, se sont enfuis. Dans la matinée, un certain nombre de jeunes gens et d’hommes mal vêtus en portaient un autre vers la place du Panthéon. Cette bande fut assaillie par des ouvriers, qui mirent en pièces cet arbre. On en saisit en même temps deux autres dans différents quartiers. Des groupes assez nombreux, qui s’étaient formés du côté des places Dauphine, du Châtelet et de l’Hôtel-de-Ville, furent dissipés ; la garde nationale et la troupe de ligne occupèrent ces différents points, ainsi que le quai aux Fleurs, d’où la police avait fait disparaître pendant la nuit le mât qui s’y trouve, de crainte qu’on n’en fît usage. Les rassemblements étaient plus considérables à la place de la Bastille, on y pérorait et on y distribuait de l’argent ; mais le terrain resta à la force armée à la suite de quelques arrestations. Dans l’après-midi, une troupe d’environ 400 jeunes gens se rendit, par les boulevards, aux Champs-Elysées, déracina un gros arbre, et se disposait à le planter sur la place de la Concorde, lorsqu’un bataillon de la garde nationale arriva, ayant à sa tête le maire du premier arrondissement, dispersa le rassemblement, non sans peine, s’empara de l’arbre et le jeta à la rivière. Les jeunes gens, cernés, usèrent de violence pour se défendre, et quelques-uns d’entre eux reçurent des coups de baïonnettes dans la lutte. La soirée se passa sans incidents graves ; la garde nationale avait été levée en masse. On a arrêté dans cette journée, sur différents points, une centaine d’individus, entre autres les généraux Dubourg et Dufour, le jeune Gallois [lire Galois, Evariste, N.DA.], trois artilleurs de la garde nationale, dont les carabines étaient chargées, et auxquels il a fallu mettre les menottes, et des individus qui s’étaient déguisés en gardes nationaux. Il est inutile d’ajouter que des pierres ont été lancées, et que des cris séditieux ont été poussés par les perturbateurs, notamment ceux de Vive la république ! à bas la garde nationale ! On dit qu’ils ont tiré plusieurs coups de pistolets sur les troupes. » Il demeurait 69, Grande-Rue à Chaillot en décembre 1811 ; 2, rue de Jérusalem à Marseille (Bouches-du-Rhône) en 1819 ; 18, rue Galande en 1827 ; 17, rue Saint-Sauveur chez M. Cortial et hôtel du Loiret, 5, rue des Bons-Enfants en 1828 ; aux Batignolles en 1830 ; 20, place Saint-André-des-Arts en 1832. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 10 août 1830 ; Le National, 13 août 1830 (qui le dit avoir été blessé d’un coup de feu à la jambe droite) ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Paëpe de, Théodore, Xavier ; Archives nationales F/1dIII/82 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bacarisse, Etienne ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Boyer, Pierre, Nicolas in dossier Boyaud, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Debernon, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 389 in dossier Genève de Geney, Camille, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lobrot, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Périnet, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier Pornay, Hippolyte, François (où Pornay affirme avoir été nommé capitaine de recrutement dans les volontaires parisiens par Dufour) ; L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, Paris, 16 juillet 1831 p. 523 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/835/7 (sous le nom de Dufour dit Saint-Charles, Pierre, Charles, Antoine), dont les cent quinze pièces du dossier concernent des paiements, jusqu’à soixante mille francs, que n’avait pas honorés Dufour et les poursuites engagés par les créanciers.