Dumoulin, François, Urbain

Biographie


Né le 6 février 1790 à Limeray (Indre-et-Loire). Commissionnaire en marchandises. Le 3 janvier 1831, il adressait la lettre suivante à a Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, afin de faire le récit de sa participation aux combats de juillet 1830 : « […] Le lundi soir 26 juillet, j’étais au Palais-Royal lorsqu’on ferma la boutique du Régénérateur. Je ne monnayais pas mes expressions pour caractériser ce premier pas fait vers le despotisme établi par les ordonnances. Le mardi, j’essuyai la première charge de cavalerie sur la place du Palais-Royal. Le soir, vers 4 heures, je désarmai, moi second, au coin des rues de l’Arbre-Sec et des Fossés un soldat de la garde. Le mercredi, dès avant 4 heures du matin, je parcourais Paris dans tous les sens et je rentrais dans le quartier assez à temps pour être un des Parisiens à forcer M. Janon à nous livrer les armes qui étaient à la mairie. Un instant après, j’étais en uniforme et armé au rendez-vous rue des Mauvaises-Paroles. Je faisais avec le capitaine Poirier la première tournée dans le quartier. Revenu à la place du Chevalier-du-Guet, déjà l’on entendait la fusillade vers le Châtelet. Comme par inspiration, je quitte mon rang, je m’adresse aux ouvriers qui nous avaient suivis. Autant par prières que par ordres (car on obéissait à mon habit), je fais commencer les barricades aux bouts des rues Perrin-Gasselin, Tabletterie, Courtalon, Déchargeurs, Bourdonnais, Bethisy, Boucher, Saint-Germain-l’Auxerrois et Arche Marion. Un détachement de garde nationale partant pour la place du Louvre, j’abandonnai, pour le suivre, la construction des barricades. Lorsque M. Irne (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore), qui nous commandait, eut fait former le carré, je jugeai par cette disposition qu’on se proposait de stationner un peu de temps. Il était près de midi, je n’avais encore rien pris. Je déposai mon fusil dans une maison voisine et je me rendis chez moi. J’étais à peine arrivé qu’on vint me prévenir que ma présence était indispensable faubourg Saint-Jacques. Je m’y rendis par le pont au Change. Je rencontrai des troupes mais l’on ne se battait pas. L’aspect des choses était bien changé trois quarts d’heure après. Quand je revins le canon grondait à la Grève. La fusillade était engagée partout. Je fis le tour par la place Maubert et les ponts des Tournelles et Marie. Arrivé dans la rue Saint-Antoine, j’aperçois chez un marchand de vin au coin de la rue de Jouy plusieurs ouvriers. Je leur montre les décombres d’une maison en démolitions, je trace le plan d’une barricade et après les avoir aidés et guidés pendant quelque temps je me rends au marché Saint-Jean. Le poste était occupé par la garde nationale. Je fais apercevoir au chef qu’il ne pourrait même pas se défendre contre le plus petit corps armé et je l’engageai à faire des barricades à toutes les rues aboutissant sur la place. Ce qui fut commencé aussitôt dans toutes les rues adjacentes. A l’Hôtel de ville on se battait. Je ne pus revenir à la place du Louvre qu’en faisant un très grand détour. Cependant j’y arrivai mais assez tard. J’y reçus une décharge de plusieurs coups de fusil, qui ne m’atteignit pas. Il me fut impossible de rentrer en possession de mon fusil qu’à la nuit. Le jeudi dès le matin, je frappais à la porte de mes voisins afin qu’ils vinssent m’aider à construire deux barricades sur le quai en dehors des rues des Futeaux et des Quenouilles. Elles étaient terminées avant 6 heures du matin. Des devoirs de famille m’ayant appelé dans la matinée deux fois à la Banque de France, je ne fus libre qu’au moment de la prise du Louvre. L’on m’y envoya comme chef de poste. Le vendredi et le samedi, jour et nuit, je restais sous les armes. Le lundi, je fus encore de garde, le mardi j’étais dans la cité ; j’appris en rentrant qu’on était parti pour Rambouillet. Je fus à la mairie offrir mes services. Je me proposai d’abord pour conduire une voiture de cartouches en cas qu’on se décidât à en envoyer aux troupes sorties de Paris. M. Sedillot préféra me confier le commandement d’un posté établi rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Je peux faire certifier ce que j’avance par M. Poirier, par M. Herard place Sainte-Opportune, Demonjoy rue des Bourdonnais, Touffin rue Saint-Germain-l’Auxerrois et par plusieurs habitants de la maison n°… rue de la Verrerie. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le seul nom de Dumoulin sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les deux listes in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 9 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 14, rue Bertin-Poirée en 1830. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille IVe arrondissement.

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