Dupart, Paul, Amable

Biographie


Né le 23 mai 1802 à Troarn (Calvados). Garçon de salle au tribunal de commerce depuis 1826. Il fit, le 2 novembre 1830, auprès de la Commission des récompenses nationales, le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « […] Le 27 juillet, il s’est joint à MM. Monin et Saillen pour former un poste à l’Hôtel des fermes et a fait des patrouilles toute la nuit. […] Le 28, c’est lui qui a dirigé l’attaque sur le poste de la rue Colbert occupé par les Suisses, qu’il a désarmés. […] Le 29, il est resté seul au palais de la Bourse jusqu’au moment que M. le colonel Pailhès et Novins sont venus prendre le commandement, en jurant à ses chefs de périr plutôt que de laisser piller ce beau monument. […] Pour réussir dans sa résolution, il a été assez heureux d’arborer le premier le drapeau tricolore à la Bourse. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons que le sieur Paul Dupart, demeurant Hôtel des fermes et employé au tribunal de commerce, s’est réuni avec nous dès le 27 juillet dernier à l’Hôtel des fermes pour nous opposer à l’exécution des ordonnances ; qu’il ne nous a quittés le 28 que quelques instants pour aller au tribunal de commerce où son service l’appelait et définitivement le 29 à 7 heures du matin, qu’il est allé se réunir au poste de la Bourse. » Signé le 10 septembre 1830 : Saillenfest (voir sans doute Saillenfest, Casimir ?), garde national au 1er bataillon (le reste manque…) ; Monnier illisible (voir Monnier, Marcel, Marie, Jean-Baptiste ?), porte-drapeau du 3e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. La deuxième était ainsi rédigée : « Je, soussigné, greffier en chef du tribunal de commerce du département de la Seine, certifie que Paul Dupart, garçon de salle du tribunal, a constamment fait son service pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, qu’il est resté à la Bourse pour aider à maintenir le bon ordre dans ce monument, auquel il a concouru avec un grand zèle, notamment à l’époque où on y a amené M. le comte Bastard de l’Etang. » Ce certificat était apostillé par le conservateur du palais de la Bourse, illisible …nin. Le troisième certificat était ainsi rédigé, le 12 septembre 1830, par le comte Auguste de Bastard, capitaine au corps royal d’état-major, 87, rue Saint-Dominique : « Je dois à la vérité de déclarer que M. Dupart, employé au tribunal de commerce est une des personnes à la bienveillante intervention desquelles j’ai dû mon salut lorsque mes jours se sont trouvés menacés par suite d’un malentendu, au moment où, dans la matinée du 29 juillet 1830, j’étais conduit à la Bourse pour y faire connaître la suspension d’armes dont j’étais porteur. Il n’est sorte de protection et de bons traitements dont je n’ai reçus de M. Dupart pendant les heures que j’ai passé prisonnier à la Bourse. C’est à lui et à M. Durandeau (voir sans doute ce nom) et Blanchard (lequel est-ce ?) que je suis le plus redevable. Ces deux messieurs ayant bien voulu déférer à la prière de M. Dupart de se tenir en faction à la porte de la salle où l’on m’avait fait entrer. Enfin, je dois encore à la vérité de déclarer que pendant tout le temps que j’ai passé à la Bourse, M. Dupart ne m’a quitté que pour aller placer un drapeau au-dessus de la Bourse. Il est bien entendu que je n’atteste pas que M. Dupart a placé lui-même le drapeau sur les monument. Enfermé au rez-de-chaussée, je ne pouvais voir ce qui se faisait sur les combles. Mais j’ai vu passer M. Dupart un drapeau tricolore à la main, monter l’escalier du greffe et, quelques minutes après, les acclamations de la multitude ont annoncé que le drapeau national était arboré. » Le quatrième certificat était ainsi rédigé et signé, le 10 septembre 1830, par Novince, Pierre, François (voir ce nom) : « Je, soussigné, commandant le poste de la Bourse pendant les journées de Juillet, atteste que M. Paul Dupart s’est rendu utile pour le maintien du bon ordre dans l’intérieur ; que plusieurs dépêches lui ont été confiées pour les porter au quartier général de l’Hôtel de ville et qu’il s’est acquitté de cette mission avec zèle et exactitude. M. Paul Dupart a fait enfin tout ce qu’on devait attendre d’un citoyen dévoué et sa conduite mérite les plus grands éloges. » Ce dernier certificat était apostillé par Pailhès baron, Antoine (voir ce nom). Le dernier certificat, signé de Gavaret, Louis, Dominique, Jules (voir ce nom), était ainsi rédigé : « Je, soussigné, Gavarret, élève de l’Ecole polytechnique, certifie que M. Dupart a fait avec beaucoup de zèle et d’intelligence le service de la Bourse depuis le 29 juillet au matin jusqu’au 1er août, jour où elle a été rendu au commerce. Dans ce poste, dont le commandement m’avait été confié, M. Dupart a contribué de toutes ses forces à l’organisation des compagnies qui ont été envoyées à Saint-Cloud et de celle du 29 juillet qui depuis a fait le service du Palais-Royal. » Il était le soutien de ses parents. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Dupart, Amable, Paul, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1831, il était employé à la Bourse sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. Il signa, le 21 août 1831, la lettre suivante, à en-tête du tribunal de commerce en faveur de Saint-André, Félicité mademoiselle, pour faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Ayant resté à la Bourse pendant les journées de juillet et m’étant réuni dès le 27 avec MM. Monin, frères (voir Monin, Hippolyte, César et Monin, Pierre, Antoine), rue de Grenelle-Saint-Honoré, pour nous opposer aux ordonnances, je dois déclarer que j’ai été surpris en lisant la liste des personnes à qui on a accordé la médaille, de ne pas voir figurer sur cette liste le nom de Mlle Saint-André, rentière, demeurant rue Saint-Denis n° 376. Cette demoiselle, que j’ai vue depuis le jeudi jusqu’au samedi soir, à la Bourse porter des soins aux blessés et même jusqu’à leur donner de l’argent. Je suis étonné qu’elle n’a rien obtenu. A la vérité, je crois qu’elle n’a rien réclamé. C’est pourquoi je vous prie de la faire demander et de l’interroger, afin que vous puissiez juger si elle mérite la récompense nationale accordée à tous ceux qui se sont distinguées dans nos mémorables journées de Juillet. » Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin, et son brevet le 23 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Dupart, Amable, Paul), auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 55, rue de Grenelle-Saint-Honoré, hôtel des Fermes, en 1830 ; 9, rue Neuve-Saint-Sauveur en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Saint-André, Félicité mademoiselle.

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