Haucerne, Charles, Louis, Marie
Biographie
Né en 1799 à Paris. Fileur de coton ou ouvrier cotonnier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 8 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28 à la place de Grève a été en faction au coin du marchand de vin du quai Pelletier, a crié Qui vive ! sur le peloton de cuirassiers. A combattu jusqu’à la prise de l’Hôtel de ville par la garde et les lanciers. Le 29, à Babylone, canonnier, a fait donner des cordes pour conduire la pièce à la prolonge ; a fait le service de la pièce, seul avec des ouvriers maçons, a tiré trois ou quatre coups. On a barbouillé la porte de caserne avec de l’essence, ensuite on a mis de la paille qu’on a allumée pour brûler la porte de la caserne. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 8 février 1831, à une voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Dutet, François, Thomas, René et « savoir qu’il a combattu le 28 juillet 1830 à la place de Grève et qu’il y a été tué en face le pont d’Arcole ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa, le 9 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Lacour, Jean-Pierre, Paul, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, certifions avoir vu le nommé Lacour combattre à la Grève et au Louvre et aux Tuileries et s’est montré bon citoyen et qu’il a quitté sa maison, sa femme et ses enfants pour voler au secours de ses frères qui combattaient pour la liberté et leur pays. En outre, depuis le sieur Lacour s’est toujours montré un bon citoyen, ayant toujours fait le service militaire [lire le service de la garde nationale, N.D.A.] jusqu’à ce jour. » Il signa, le 21 août 1831, le certificat suivant en faveur de Lucas, Jean, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie le nommé Lucas s’est distingué dans les journées de Juillet 27, 28, 29 et 30, a paru dans plusieurs affaires qui ont eu lieu dans ces journées mémorables et qu’il a fait partie du détachement du (ancien) XIIe arrondissement qui partait pour Rambouillet, commandé par le capitaine Chertier et le lieutenant Porte. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 19, rue d’Arras en 1831 ; 12, rue Julienne-Saint-Marcel en 1849-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 8 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 8 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Dutet, François, Thomas, René ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 43 et minute 46, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lacour, Jean-Pierre, Paul ; Archives de la préfecture de police A 399 in dossier Lucas, Jean. Il y a dans Archives de la préfecture de police AA 392 un Haucerne, Charles, cotonnier, quel rapport ? Haucerne, Charles était né le 8 juin 1819, cotonnier, marié, demeurant 7, rue Charretière en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, adressant, le 24 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Ancien militaire, toujours dévoué au service de sa patrie, […] en a donné de nouvelles preuves dans nos mémorables journées de Février, notamment le 24 devant l’Ecole polytechnique, où il s’est empressé de lever les morts et les blessés et de les soigner dans l’école. Trop heureux citoyens d’avoir concouru à recouvrer la liberté et d’être utile à ses confrères, il ne demanderait point de récompense mais n’étant que simple ouvrier, ayant à sa charge sa mère, une sœur et un frère qui est sous les drapeaux, auquel il envoie de temps à autre quelques sous, il vient se recommander à vos bontés patriotiques tendant à le faire participer aux récompenses qui vont être accordées aux combattants des trois mémorables journées. » Sa lettre était suivie du certificat suivant : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Haucerne faisait partie du détachement que j’ai été chargé de conduire à l’Ecole polytechnique, le 24 février dernier. Il s’est conduit avec un grand courage, surtout lorsqu’il s’est agi de calmer l’effervescence des citoyens. » Signé, le 20 mars 1848 : Cirode, capitaine à la 3e compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Suivaient les apostilles du général de division commandant l’Ecole polytechnique, qui attestait qu’Haucerne avait « effectivement fait partie du détachement qui a contribué à empêcher des discordes dans l’établissement le 24 février » ; et de Gornet, commissaire de police du (ancien) XIIe arrondissement, qui attestait qu’Haucerne avait « fait preuve de beaucoup de zèle à la mairie depuis le 25 février au soir ». Il fut recommandé par la Commission des récompenses nationales pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur.