Joanny, Pharaon

Biographie


Né le 10 janvier 1803 au Caire (Egypte). Homme de lettres. « M. Joanni Pharaon a, lui seul, harangué le 5e régiment de ligne dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, a été le premier qui, bravant tout, a pu disposer ce corps en faveur des citoyens ; c’est d’après ses exhortations que ce régiment a tiré en l’air. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. On trouvera dans Les Arabisants et la France coloniale 1780-1930, de nombreuses indications biographiques sur Pharaon. Nous en extrayons celles-ci : « Né à Marseille, Joanny Pharaon est le fils d’un notable syrien qui a servi d’interprète en chef en Egypte et qui s’est établi à Marseille après le départ des troupes françaises. A la connaissance du parler égyptien qu’il a cultivée à Marseille dans le milieu arabophone et en suivant les cours de la chaire d’arabe établie en 1806, il allie la formation classique des anciens élèves des collèges royaux. A la fin de 1831, il a sollicité auprès du maréchal Soult, ministre de la Guerre, un emploi d’interprète affecté à l’un des deux régiments de chasseurs qu’on organise alors pour l’Afrique, en donnant une longue liste de notables pouvant le recommander. C’est à Savary, duc de Rovigo, qu’il doit en janvier 1832 sa nomination comme interprète de deuxième classe au corps d’occupation d’Afrique. Secrétaire interprète du gouverneur général, chef de son bureau particulier. il se charge à partir de janvier 1833 de donner un cours public d’arabe à Alger en remplacement d’Agoub, mort avant d’avoir pu prendre possession de sa chaire. L’année précédente, il a publié la première Grammaire élémentaire darabe vulgaire ou algérien à lusage des Français, une « grammaire de la langue algérienne telle qu’on la parle depuis Oran jusqu’à Tunis » bon marché, en caractères latins. Il la désavoue, après les sévères critiques dont elle a été l’objet, et en publie une version amendée, premier ouvrage à sortir des presses de l’Imprimerie du gouvernement, et par conséquent premier livre imprimé à Alger à l’aide de caractères typographiques mobiles. On a vu combien le jugement de Bouderba sur Pharaon était sévère – il lui reprochait sans doute, en plus de ses insuffisances linguistiques, d’être trop lié aux milieux « colonistes ». Jusqu’à la nomination officielle de Louis Jacques Bresnier à la chaire publique d’arabe, c’est pourtant Pharaon qui, pendant quatre années consécutives, forme la première génération des militaires et civils d’Algérie. Le cours débute le 6 décembre 1832, et rencontre un grand succès : il faut à deux reprises abandonner des locaux devenus trop petits. Il se tient du 1er octobre au 1er mai, chaque auditeur devant verser une rétribution de 60 francs pour l’année. En octobre 1833, Pharaon, attaché en tant que secrétaire interprète à la commission extraparlementaire spéciale envoyée de Paris pour enquêter sur les affaires d’Alger, ne peut assurer la rentrée des cours. Ils ne reprennent qu’en janvier 1834. A partir d’octobre 1834, signe de son succès, mais aussi d’un financement public difficile, l’enseignement de Pharaon est dédoublé : un premier cours, à 11 heures et demie, est public et gratuit, un second, pour ceux qui ne peuvent venir au premier, privé et payant. Les autorités publiques manifestent leur volonté d’encourager cet apprentissage par un arrêté qui institue en 1835 une prime annuelle de 150 francs pour le meilleur élève du cours public. La chaire d’arabe fondée à Alger en 1836 échappe pourtant à Pharaon. Les bureaux parisiens du ministère reprennent la main, avec l’appui de Silvestre de Sacy, et font nommer un jeune élève de ce dernier, Bresnier. Pharaon a donné prise à la contestation en publiant sans autorisation un tableau de la justice à Alger qui lui vaut d’être accusé d’avoir porté atteinte à la politique gouvernementale en Algérie. On lui reproche « un langage aussi injuste que déplacé sur l’ancienne magistrature dont les membres étaient pour la plupart des hommes honorables » ainsi que d’avoir “[…] manifesté, à l’égard des indigènes, des sentiments tout à fait contraires à ceux qui doivent animer les agents et l’autorité et plus capables de nous aliéner l’esprit des populations que d’entretenir avec elles suivant le vœu du gouvernement des rapports de bonne intelligence.” Cette affaire est l’occasion pour les bureaux du ministère de la Guerre de signaler que Pharaon a été l’objet de nombreuses plaintes. Ils ajoutent que sa capacité a été mise en doute par Silvestre de Sacy et Caussin de Perceval. Pharaon se défend en opposant la connaissance directe qu’il a de son objet au savoir livresque des savants parisiens. » Il est l’auteur de De la législation française, musulmane et juive à Alger paru en 1835 à Paris, de Cabyles et Boudgie paru à Toulon en 1835, d’Etudes sur les législations anciennes et modernes, paru en 1839 à Paris, d’Histoire générale dAlger depuis les temps anciens jusquà nos jours. Il demeurait 20, place Royale en 1830 ou 1831 ; 30, rue de la Fidélité en 1831 ; 9, rue Bellefond en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 307 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 1re classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 80 (sous le nom de Pharaon, Joanny) ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) (sous le nom de Pharaon, Joanny) ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Pharaon) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Pharaon, Joanny) ; Les Arabisants et la France coloniale 1780-1930, Messaoudi, ENS de Lyon éditions. Ne serait-il pas un des auteurs de Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, paru à Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, en 1830 ?

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