Juneaux

Biographie


Le 19 novembre 1830, il adressait la lettre suivante au roi : « Juneaux, tambour major de la garde nationale de Neuilly, a l’honneur d’exposer à Votre Majesté que, le 29 juillet dernier, le capitaine Durand, un des aides de camp du général Gerard, étant venu pour voir la position de Neuilly et s’assurer de l’ordre, s’est arrêté près l’église, pour demander où était la mairie. Aussitôt, une foule d’individus se sont précipités sur lui, en criant Il faut le tuer, cest un garde royal. Un de l’attroupement avait un bâton et une baïonnette au bout et lui en porta un coup, que le capitaine a paré de son épée. Cet individu, n’entendant pas raison, retourna dans sa méprise à la charge. Mais Juneaux l’a arrêté, en le jetant dans la poussière et l’a désarmé. Ensuite, il s’est emparé de la bride de son cheval et s’est fait jour à travers le peuple, en criant à son tour Je vais le conduire. Il est ainsi parvenu à le sauver, en le menant chez M. Labie, un des capitaines de la garde nationale. Celui-ci, après, a renvoyé le conducteur du capitaine à la mairie, pour d’autres affaires du jour. C’est le même Juneaux qui, la veille, vers 6 heures du soir, a empêché plusieurs particuliers de brûler avec du goudron allumé, la charpente de l’arc de triomphe qui est près de la caserne des gendarmes, que les mêmes venaient de piller et dans laquelle ils avaient mis le feu ainsi que dans le bureau des employés. » Sa lettre était revêtue de plusieurs apostilles. La première : « M. Junot (sic), qui m’a présenté sa demande avant de l’adresser au roi m’a dit qu’il désirait vivement obtenir la médaille qu’on va accorder aux personnes qui se sont distinguées dans les journées de Juillet. C’est un très honnête homme dont tout le monde est bien content et qui s’est bien conduit pendant les trois journées. » Signé : Laisant illisible, capitaine de grenadiers de la garde nationale. La deuxième : « Je, soussigné, notaire et capitaine de la garde nationale, certifie la véracité des faits ci-contre et, de plus, il atteste que le sieur Juneaux, par ses ordres, est allé diverses fois, le 29 juillet, reconnaître la position de l’armée ennemie sur les bords de la Seine ; que, notamment, il a porté une lettre, écrite du soussigné, ayant pour objet d’établir un point de relations d’après lequel le soussigné devait toujours être instruit de tous les mouvements que pourraient faire les troupes carlistes. Enfin, le sieur Juneaux a donné de véritables preuves de dévouement à la bonne cause. » Signé, le 19 novembre 1830 : Labie. Il demeurait à Neuilly en 1830. Archives de Paris VK3 46 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales.

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