Langeard, Jean, Fargeot, Guillaume
Biographie
Né le 29 nivôse an II (19 janvier 1794) à Clichy (Hauts-de-Seine). Blanchisseur. Il combattit les 27, 28 et 29 juillet et fut « frappé d’une balle à la jambe gauche dans la journée du 29 juillet dernier en combattant pour la défense de la patrie, à la prise des écuries d’Artois, aussitôt après la prise de la caserne de la Pépinière, où il avait également combattu, […] il a soutenu le combat jusqu’au dernier moment, malgré la douleur de sa blessure et la perte de sang qu’il éprouvait ». Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Nous, soussigné, Jean-Pierre Ession, docteur en médecine de la faculté de Paris, demeurant à Clichy-la-Garenne, arrondissement de Saint-Denis, département de la Seine, certifions que le 30 juillet dernier, nous avons été informé que le nommé Jean, Fargeot, Guillaume Langeard, profession de blanchisseur, demeurant dans cette commune, a été blessé dans la journée du 29 juillet dernier, en combattant pour la liberté. Nous nous sommes transporté à son domicile et nous avons reconnu qu’un coup de feu l’avait atteint à la partie moyenne de la face interne de la jambe gauche et avait fait une plaie de quinze à dix-huit lignes de longueur sur un pouce de largeur et un pouce de profondeur, ce qui occasionna une perte de substance aux muscles jumeaux et solaires. En conséquence, nous pensons que la plaie sera longtemps à cicatriser et qu’il pourra en résulter de la faiblesse du membre affecté. » Signé, à Clichy-la-Garenne, le 11 août 1830 : Ession, Jean-Pierre, médecin. Il demanda, en août 1830 à participer aux secours. Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussigné, Alphonse Dubeaux, Jacques Lefebvre, Louis Mancelin et Henry Fremin, habitants de la commune de Clichy-la-Garenne, certifions que le nommé Jean, Fargeot, Guillaume Langeard, blanchisseur, demeurant audit Clichy, rue de Neuilly, a été frappé d’une balle à la jambe gauche, dans la journée du 29 juillet dernier, en combattant pour la défense de la patrie, à la prise des Ecuries d’Artois, aussitôt après celle de la caserne de la Pépinière, où il avait également combattu ; qu’il a soutenu le combat jusqu’au dernier moment, malgré la douleur de sa blessure et la perte de sang qu’il éprouvait. » Signé, à Clichy-la-Garenne, le 13 août 1830 : Dubaux, Alphonse (voir ce nom), demeurant à Clichy-la-Garenne ; Lefebvre, Jacques (voir ce nom), demeurant à Clichy-la-Garenne ; Masselin, Louis (sic il signe bien ainsi) (voir ce nom), demeurant à Clichy-la-Garenne ; Fremin, Henry (voir ce nom), demeurant à Clichy-la-Garenne. Il reçut un total de deux cents francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le nom de Langeard, Jean, Guillaume, Fargeau sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu et en gouttière superficielle à la partie antérieure et interne de la jambe gauche, blessure guérie sans difformité et sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831 (le registre de récépissés des médailles et brevets, qu’il signe, est au nom de Langeard, Jean, Fargeau, Guillaume). Il reçut (sous le nom de Laugeard, Jean, Guillaume, Forgeot), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 25 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Dubeaux, Louis : « Nous, soussignés, Guillaume Fargeot Laugeard (voir Langeard, Jean, Guillaume, Forgeot), Jacques Lefebvre (voir Lefebvre, Jacques), Thomas Masoyer (voir ce nom), Louis Maselin (voir Marcelin ou Masselin, Louis), Pierre Cailloux, Auguste Belmont (voir Belmont, Auguste), tous habitants de la commune de Clichy-la-Garenne, arrondissement de Saint-Denis (Seine), certifions que le nommé Louis Dubeaux, habitant de cette commune, a pris une part active dans les trois grandes journées de Juillet, en combattant notamment à la prise de la caserne de la Pépinière et à la prise des écuries d’Artois, défendues par les Suisses. Là, il a eu le pourtour de l’œil brûlé par le feu de l’amorce du fusil de son voisin. » Il était, en 1831, marié et père d’un enfant. En 1843, il cosigna (avec pour les noms lisibles : Laplace, Napoléon, Gueroult, Louis, Guillot, Victor, Leroux fils, Leroux père, Gallet, Mayer, Beauregard, Jean-Marie, Leconte, Frédéric, Leroi, Richer, Charles, Hauplon, Hebert, Jacques, Heuzet, Jean, Laîné, Georges, Brasseur, Hanri, Renard, André, Philppot), la lettre suivante adressée au ministre de l’Intérieur : « Monsieur le ministre,
»Les soussignés, décorés et médaillés de Juillet, demeurant dans plusieurs communes de la banlieue, ont l’honneur de soumettre à votre équité la réclamation suivante.
»Depuis 1830, la Chambre des députés a voté annuellement des fonds pour être répartis entre les membres de la décoration de Juillet domiciliés dans le département de la Seine. Depuis plusieurs années aussi, cette répartition n’a pas atteint les décorés de la banlieue et n’a uniquement été affectée que pour ceux de la Ville de Paris, ce dont on a lieu d’être étonné.
»En effet, les habitants de la banlieue, dans les trois mémorables journées de Juillet, ont accouru les premiers pour la défense des libertés publiques et après avoir arrosé de leur sang les pavés de Paris, n’ont regagné leurs foyers qu’après le triomphe complet des nouvelles institutions.
»Parmi les soussignés, la majeure partie occupe des grades dans la garde nationale et n’a cessé de donner des preuves constantes de son attachement à la dynastie actuelle au milieu des émeutes qui à de fatales époques ont surgi dans la capitale.
»Loin de la pensée des soussignés, monsieur le ministre, d’élever la voix dans un but de sordide intérêt ; mais, cependant, plusieurs des pétitionnaires, père d’une nombreuse famille, guidés par l’unique ambition d’être utiles à leur pays et ayant sacrifié alors leur future position, qu’ils n’ont pu parvenir jusqu’à ce jour à améliorer, ont dû compter sur les bienfaits du gouvernement, du moment surtout que les chambres législatives sanctionnent annuellement par le vote de fonds spéciaux l’héroïque dévouement des habitants de la Seine et impriment à leur noble conduite le sceau de la reconnaissance et de l’admiration.
»Les soussignés élèvent aussi la voix, monsieur le ministre, sur une distinction qui ne leur paraît pas en harmonie avec la légalité des récompenses dont ils ont été l’objet. Parmi eux, plusieurs n’ont obtenu que la simple médaille de Juillet au lieu de la décoration et cependant leur dévouement et leur noble courage au milieu du feu des trois journées les rendaient tous égaux à l’obtention de la même décoration. Ils osent espérer, en conséquence, monsieur le ministre, que vous daignerez autoriser les simples décorés de la médaille à faire briller sur leur poitrine la croix même de Juillet car le sang des premiers s’est mêlé à celui des derniers et a coulé pour la même cause. »
Il demeurait rue de Neuilly à Clichy en 1830 ; à Clichy-la-Garenne en 1830 ; à Clichy (peut-être la Garenne) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 66 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 (sous le nom de Laugeard, Jean, Guillaume, Forgeot) ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Laplace, Napoléon, Pierre, François ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dubeaux, Louis.