Paquotte, Auguste, Napoléon

Biographie


Né vers 1808 à Frémonville (Meurthe). Ebéniste. Il s’illustra boulevard Montmartre, à la halle, à la Grève et au Louvre, où il fut blessé d’un coup de feu à la jambe. Son père, Paquotte, Joseph, ancien instituteur à Frémonville (Meurthe), le fit rechercher après les combats. Il envoya plusieurs lettres, au député Laborde, au général Lamarque et enfin à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac afin d’obtenir ce qui pouvait lui être dû « tant dans les souscriptions que dans les récompenses que le gouvernement accorde aux victimes de Juillet ». La lettre adressée au député Laborde était ainsi rédigée : « Persuadé de la justice de vos décisions, en voyant avec quelle chaleur vous avez la bonté de soutenir l’indépendance nationale, j’ose prendre la liberté de vous adresser quelques lignes pour vous supplier d’être mon appui au moment où ma pétition passera sous les yeux de la Commission dont vous faite partie. Depuis trois que je suis en cette ville, j’ai fais toutes les recherches nécessaires pour découvrir le dernier de mes fils, seul soutien de ma vieillesse. Je n’ai rien pu découvrir que ce qui est porté au certificat qui est joint à ma pétition. Ma pénible situation fixera je l’espère votre bienveillante attention. Depuis 1815, j’ai eu le malheur d’être victime d’un tartuffe de prêtre, qui administrait la commune où je résidais parce que j’avais été le premier à arborer les couleurs que nous avons encore ressaisies avec tant de joie en 1830 et avoir sauvé la vie à douze officiers de distinction, du corps des volontaires de la Meurthe, inculpés de haute trahison contre la famille déchue. Après trente années de service dans l’instruction primaire, ce prêtre téméraire m’a forcé de donner ma démission et depuis cette époque je végète dans la misère, ce qui a déterminé tous mes fils à prendre le parti des armes au lieu de rester dans le civil. L’aîné est garde d’artillerie à la Martinique, les deux cadets en Afrique dans le 21e régiment de ligne, le dernier, que je cherche, a sans doute succombé après sa blessure ; étant étranger dans cette grande ville, il n’a été vu qu’en combattant pour reconquérir notre liberté si chère à mon cœur et à tant de braves. Il deviendrait inutile de vous faire un plus long dialogue, la sensibilité de votre cœur est pour moi un sûr garant que vous ferez droit à ma demande. » La lettre envoyée au général Lamarque était sensiblement identique. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Les soussignés certifient que le sieur Paquotte, Auguste, Napoléon, né à Fremonville (Meurthe), a combattu à nos côtés pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, entre autres il a été blessé lors de la prise du Louvre à la jambe. » Signé, le 23 août 1831 : Jacques, demeurant 65, rue Vieille-du-Temple ; Bour (voir Bour, Etienne), décoré de Juillet, demeurant 123, rue Vieille-du-Temple ; Gremillet, J., M., demeurant 65, allée des Veuves, qui précisait : « Arrivé à Paris le 14 juillet 1830, déclare pour rendre hommage à la vérité que j’ai vu le sieur Paquotte fils, combattant pour la liberté contre les suppôts de la tyrannie dans les trois journées de Juillet. » En septembre 1831, le père tentait une ultime démarche : « Je viens pour la troisième fois vous adresser une pétition tendant à obtenir des secours de la souscription nationale, les deux premières n’ayant produit aucun effet. Ma pénible situation (sans ressources, à la veille de tomber dans la misère) fixera je l’espère votre bienveillante attention. Père de six enfants, quatre fils et deux filles, trois sous les drapeaux, le quatrième disparu depuis le 29 juillet 1830 après avoir été blessé grièvement dans les mémorables journées de notre glorieuse révolution, comme il est justifié par un certificat des personnes qui le connaissaient, que je joins à la présente. Depuis trois mois que je réside dans cette ville, j’ai fait toutes les démarches nécessaires pour découvrir ce fils, qui devrait être l’appui de ma vieillesse, et je n’ai rien pu obtenir. C’est en vous seuls messieurs que j’ose fonder mon espoir pour obtenir ce que la loi accorde aux parents des victimes de Juillet. Votre humanité est pour moi un sûr garant du succès de ma demande. » Le fils, Paquotte, Auguste, Napoléon, est pourtant indiqué sur les fiches de la Commission comme militaire et comme sollicitant la croix et un avancement en raison de sa participation aux combats de Juillet. Il demeurait 65, rue Vieille-du-Temple en 1831. Archives de la préfecture de police AA 406. Sur internet Paquotte, Auguste, Napoléon serait le fils de Paquotte, Joseph et de Masson, Jeanne, Catherine et décédé en 1860 à Dombasle-sur-Meurthe.

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