Pégorier, Charles
Biographie
Le 6 mars 1831, il adressa la lettre suivante au roi pour solliciter une place de courrier de malle-poste, en remplacement du préjudice qu’il avait subi à la suite de la révolution de Juillet, expliquant : « Pégorier, Charles ose prendre la respectueuse liberté d’exposer à Votre Majesté que la révolution de Juillet, dans laquelle il a eu le bonheur de se distinguer en défendant de tout son pouvoir la cause de la liberté […] lui causa la perte d’un fonds de porteur d’eau, qu’il avait acheté six mille francs, ce qui ne l’empêcha pas de se désister au profit des blessés d’une pièce de cinq francs, qu’il déposa entre les mains du chef de la pompe. Sa conduite patriotique lui causa encore l’inimitié de ses compatriotes qui n’étaient pas de son sentiment. […] Les six mille francs de son fonds de porteur d’eau étaient ses seules économies qu’il avait pu faire et se trouvant sans ressources pour réparer cette perte […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, Joseph Mayerski (voir ce nom), commandant de cent quatre-vingt-dix hommes qui se sont portés au pont d’Austerlitz le 27 juillet et ont combattu contre le 1er régiment de cuirassiers, certifie que le nommé Pégorier, Charles, demeurant rue Sainte-Croix, n° 11, a combattu avec les plus grands courage et dévouement pendant les deux journées de Juillet des 27 et 28 et a été fait prisonnier à 10 heures du soir pendant que ledit Mayerski était en patrouille dont ledit Pégorier faisait partie sous ses ordres, qu’à 11 heures ils (c’est qui ce ils ?) ont été conduits au Carrousel et à 6 heures du matin, d’après les ordres du maréchal Raguse, assisté du commissaire de police de la place du Carrousel, ont été enfouis dans la cave du château des Tuileries et ont été mis en liberté après la prise du Louvre, entre 9 et 10 heures. Il a fait partie de ceux qui se sont emparé du château et de ceux qui s’étaient portés à la rue de l’Echelle, où il a été blessé par une balle dans la jambe gauche, et dans les reins par un pavé, qui l’a retenu au lit pendant quinze jours, sans avoir obtenu aucune récompense. Il est chargé d’une nombreuse famille et est digne de récompense. » Signé, le 6 octobre 1830 : Mayerski, Joseph. Une dépêche indiquait à son sujet : « En récompense de ses services dans les journées de Juillet et eu égard aux pertes que les événements de cette époque lui ont fait éprouver, demande une place de courrier de malle-poste. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait 11, rue Sainte-Croix en 1831. Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/70.