Vernon de, Théobald
Biographie
Né le 27 avril 1807 au château de Cheffontaines (Finistère). Gilliard, Charles et Bernard, Alphonse, Hippolyte, dans leur lettre qu’ils écrivirent à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir leur propres droits, donnent les indications suivantes sur la participation des frères de Vernon aux combats de Juillet : « Ils (eux-mêmes, N.D.A) ont fait partie de la compagnie qui dans la matinée du 29 juillet, s’étant formée au manège de la rue Cadet, s’est portée à la rue Saint-Honoré par la rue de Richelieu, où, en soutenant pendant quatre heures le feu des Suisses et des gardes royaux, elle les a successivement débusqués du Théâtre-Français et de toutes les maisons formant les encoignures des rues de Richelieu, Saint-Honoré, de Rohan, de l’Echelle, Traversière, du Rempart et autres. Ils ont non seulement, dans cette circonstance, payé leur dette à la patrie mais encore à l’humanité. Gilliard, qui avait vu tomber ses voisins de droite et de gauche, pansa lui-même l’officier qui le commandait, M. Edouard de Vernon, atteint d’une balle à la hanche. Bernard, au moment de la prise du Théâtre-Français, empêcha un de ses frères d’armes de tirer sur les Suisses et les gardes royaux qui fuyaient après avoir rendu leurs armes. Tous deux ont reconduit chez eux M. Edouard de Vernon, pour le remettre entre les mains de sa mère. » Les trois frères de Vernon témoignèrent en faveur de ces deux hommes auprès de cette même Commission. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Nommé sous-lieutenant officier de cavalerie au 1er régiment de lanciers, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, il sollicita son indemnité de première mise en équipement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était le frère d’Edouard de Vernon. Il adressa, comme « lieutenant de la garde municipale à cheval, caserné rue de Tournon », le 7 décembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement : « Portant un vif intérêt à M. Moutardier, ex-sous-officier, je viens vous prier, si cela est possible, de lui donner un extrait du rapport que vous avez adressé à la Commission des récompenses nationales. Désirant lui être utile, je ferai les démarches nécessaires pour son admission dans la garde municipale. » Il signa, comme « lieutenant de cavalerie de la garde municipale », le 26 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Laussedat, Louis, Gilbert : « Je, soussigné, certifie que le nommé Laussedat, Louis, Gilbert a fait le service d’ordonnance au Palais-Royal pendant les journées de Juillet et qu’il s’y est comporté d’une manière tout à fait honorable tout le temps qu’il a été sous mes ordres. Je certifie aussi que depuis qu’il est entré dans la garde municipale on a eu qu’à se louer de sa conduite et qu’il mérite la bienveillance de la Commission des récompenses nationales. » On trouve dans le dossier de Chatelin, Jean, Martin, Eugène, le certificat qu’il signe, le 19 août 1830, comme commandant du poste du Palais-Royal puis officier de la garde municipale de Paris, en faveur de Chatelin, à en-tête de la compagnie de Vernon : « Je, soussigné, commandant ladite compagnie, que le sieur Chatelin a constamment été présent à mes côtés pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet et qu’il a rempli avec beaucoup de zèle le devoir d’un bon citoyen. » De la même manière, dans un certificat délivré en faveur du même, il attestait les faits et les signatures de Anger, caporal dans la compagnie de Vernon ; Marveran, sergent dans la compagnie de Vernon ; Lejeune, compagnie de Vernon ; Plu, E., compagnie de Vernon ; Baron, compagnie de Vernon ; Simon, caporal dans la compagnie de Vernon ; Philippet, compagnie de Vernon ; Hadingue, compagnie de Vernon. Il était caserné rue de Tournon en 1831. Sa mère demeurait 2, rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Michel en 1831 ; lui-même 115, rue de Richelieu en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) in dossier Moutardier ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Gilliard, Charles ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chatelin, Jean, Martin, Eugène ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Laussedat, Louis, Gilbert. Si c’est bien le même : Rumigny, aide de camp du duc d’Orléans, notait dans son carnet, le 2 août 1830 : « Je viens de faire venir au Palais [-Royal], pour le garder, une troupe d’ouvriers commandés par deux frères : MM. De Vernon. Je trouve qu’ils ont l’air de brigands ; leurs gens sont en haillons. Ils étaient à la Bourse pendant le combat des trois jours. Ils s’en sont emparés. Je les ai demandés à Carbonel, aide de camp du général Lafayette, dans une visite que je lui ai faite ce matin. Avec des ouvriers mal armés et qui effraient par leur tournure passablement horrible, je vais faire une police plus sévère qu’avec les meilleurs soldats du monde. Ce sont les vainqueurs du jour ! J’ai fait arrêter un misérable qui voulait proclamer la république. Mes chers ouvriers lui ont donné une raclée de coups de poing conditionnées. S’il avait fait résistance ils l’auraient mis en pièces sans pitié. » Et le 5 août : « Hier nous avons eu des péroreurs dans la cour du Palais. Un jeune homme parlait avec une rage incroyable contre la royauté, lorsque des ouvriers armés qui gardaient le Palais-Royal s’en sont approchés et l’ont tiré par la jambe. L’orateur est tombé du haut de sa borne sur le pavé ; il s’est à peu près brisé le crâne. Je l’ai fait enlever et porter à l’hôpital où il est mort en arrivant. Personne que moi ne s’est ému de l’accident, j’ai entendu dire en riant dans les groupes : “Encore un bavard de moins !” » Souvenirs du général comte de Rumigny, aide de camp du roi Louis-Philippe (1789-1860), Paris, Frères éditeurs, 1921, p. 240-241.